Après une nuit de camping traditionnel Turc : les clients arrivent à partir de 17h au camping en repartent vers 3h du matin, dans l’entre deux : musique ! Et à 3h30 c’est le Muezzin qui prend le relais. C’est net et précis, faut pas croire, c’est pas le bazar en Turquie.
J’ai dû chercher en râlant mes boules quies dans le noir vers une heure du matin, pensant hier soir que non, ces quelques personnes ne pourraient pas nuire à notre tranquillité : je me suis fait déborder. Nathalie elle, au sommeil si léger n’a pas été gênée. Mais tout ça est anecdotique. C’est la Turquie, il faut s’adapter, c’est potentiellement bruyant la nuit…
Ce matin après le petit déjeuner, on file à Kemaliye tout proche. Ce bourg est construit à flanc de montagne et lui aussi, est fait de maisons de pierres, bois et terre pour liant, avec toitures en tôle peinte le plus souvent.
Peu de monde ce dimanche matin (forcément il faut bien dormir après la nuit), pour découvrir ses jolies enfilades de passages, marches, sentes pavées et petits coins frais sous les arbres : tilleuls, figuiers, mûriers, noyers.

Ici un beau bow window, en bois, osé, surmonté lui même d’un autre, tôlé.

Détail d’assemblages pierre bois terre.


Ici on passe sous les filets de ramassage des mûres.



Et de fil en aiguille, on se retrouve à grimper là aussi sur le plus haut point de vue du bourg, dans un pierrier au bas de la paroi qui se dresse sur près de 600 mètres au moins. Impressionnant ! Il y a là haut un départ de vol wingsuit.



Et puis nous filons vers le Karanlik Kanyon dit aussi Dark Canyon. On peut remonter ces gorges soit par l’eau, à bord de bateaux de tourisme qui n’hésitent pas à mettre de la musique très fort, soit par la route normale, ce que nous avons fait en arrivant hier, soit prendre le tunnel juste après le pont qui nous fait changer de rive…
Et là, priez pauvres fous, n’espérez pas que votre assurance intervienne pour vous chercher ici, car si vous tombez, c’est de très haut, et vraisemblablement dans l’Euphrate…
On fait deux fois le tour de l’entrée, pour jauger… Et décidons de garer la voiture et d’aller voir à pied.
On se rend compte que ça passerait en voiture, mais cette petite piste sans entretien, dont les bas côtés s’effritent, dont toutes les roches de la montagne au dessus de vos têtes semblent vouloir se décrocher, creusée à l’origine pour faire passer les caravanes de chameaux, cette piste donne tout son jus au promeneur à pieds.
Elle me fait penser à ces peintures que ma soeur Lydia et moi avions enfant, accrochées au dessus de notre lit : un enfant marchant au bord d’un précipice, guidé par la main sécurisante de son ange gardien.
On était partis faire une courte reconnaissance, jusqu’à voir qu’en effet, on pouvait se croiser, et faire demi-tour, à certains endroits seulement. Mais on s’est sentis tellement petits et ennivrés par la grandeur de ces lieux qu’on a continué en se disant, « C’est vraiment dingue, allez, on continue jusqu’au prochain virage… » et ce pendant près de 2 kilomètres.













Nathalie, toujours prête à quelques travaux de terrassement.



Voilà, nous, on se sera arrêté là, sans savoir ce qu’il y a après cette sortie de tunnel… Quelle immersion incroyable !
Retour guilleret. Joué un peu d’harmonica contre des parois offrant de l’écho. Durant cet aller et retour, croisé 1 voiture de tourisme, 2 motos trails, 2 Land Rover 4×4 d’un tour opérateur Turc.
On reprend la voiture sans regret aucun et retrouvons notre camping de la nuit dernière. Ce soir grillades de kofte et champignons-oignons sautés.
Demain nous nous remettrons en route vers Kangal, la ville du même nom que ces chiens de bergers Turcs qui rivalisent de force avec les loups. On a prévu de retrouver mercredi nos amis de voyage rencontrés l’an dernier, Raphaël et Marie-Christine !
Quel décor, vertigineux !
Magnifique !
» car si vous tombez, c’est de très haut, et vraisemblablement dans l’Euphrate… » et dans l’eau froide !
Grandiose !
Bises à vous deux😍🥰