Hier je vous parlais du petit groupe d’italiens avec qui nous avons sympathisé. Le soir, quand je suis rentré du point wifi pour y écrire et publier le post, ils m’ont très gentiment invité à boire un verre à leur table.
Ils m’ont fait goûter du vin rouge qui m’a rappelé celui que faisait mon oncle Piero, et de la liqueur de noisette, tous deux produits de leur maison. Un ami à eux est passé, ce qui a valu toute une discussion sur les ressources en ballades et découvertes culinaires dans les environs qu’il connait très bien.
A un moment et parce qu’il a fait allusion à l’actualité, les autres lui ont demandé : « Alors quelles sont les nouvelles ? » Il a parlé d’Emmanuel Macron, qui cherchait à comprendre ce qui se passait dans son pays, après qu’un policier avait tué par balle un jeune délinquant qui refusait de s’arrêter. Les regards se sont tournés vers moi, ils attendaient visiblement une version française de ces faits.
J’ai précisé que, selon ce que j’avais lu, Nahel n’était pas un délinquant mais un adolescent de 17 ans, habitant un quartier défavorisé de Nanterre, qui conduisait certes sans permis, mais dont le récit des deux jeunes qu’il accompagnait en voiture à une épreuve de diplôme, convergeaient sur le fait que c’est sous les coups de crosses de l’arme du policier sur sa tête, que Nahel, groggy, avait lâché le frein et/ou accéléré (voiture automatique) et que le policier avait alors fait feu à bout portant alors même qu’il se situait sur le côté de la voiture, pas du tout menacé, pas plus que son collègue.
Silence gêné. Ma version (Libération, Cerveaux Disponibles, Mediapart…) n’est vraisemblablement pas celle des télés CNews et Bfmtv reprises et traduites par les chaînes satellites Italiennes… Ils restent interdits, ne comprennent pas, me demandent ce qui se passe en France, pourquoi ces émeutes, pourquoi cette violence.
J’ai bredouillé en cherchant mes mots en Italien, qu’on avait une police très violente, qui avait déjà tué ou estropié des dizaines de personnes, mais que là, c’était un enfant des quartiers qui était mort. Que c’est d’autant plus insupportable pour celles et ceux qui paient déjà le plus lourd tribut de pauvreté du pays. Que cette mort de trop est une allumette craquée sur une poudrière.
L’ambiance n’était plus tout à fait la même après ça. La discussion s’est déplacée sur Poutine, sur le risque qu’il faisait courir à toute l’Europe et au delà. J’ai acquiessé tant que j’ai pu, sonné d’avoir été rattrapé ici par l’actualité des émeutes en France, totalement au dépourvu. Il était temps que je prenne congé, que j’aille chercher le sommeil la tête enfouie sous l’oreiller.
Ce matin après le petit-déjeuner, on est allé marcher du côté du sentier côtier, qui file au sud en direction de la plage de Ntamouchari.
On laisse ici la plage de Papa Nero pour s’enfoncer dans le sous bois épais.



Se retourner et mesurer qu’on avance et qu’on s’élève !

Puis déboucher enfin sur la petite crique qui précède la plage de Ntamouchari.


Une maison en jachère, juste au bord de l’eau, avec un arbre compagnon magnifique.

La plage de Ntamouchari…

Et tout au bout, ce lit de rivière qui sort d’un canyon, à sec en été.

De là s’élève le sentier côtier qui se poursuit dans les hauteurs : ici la montagne se jette en mer !

Revu ce midi nos copains italiens, on s’est salués de loin, chaleureusement.
A l’heure de l’apéro ce soir, on a terminé notre dernière bière Éfès Turque, une curiosité (ou une provocation !) ici en Grèce…

Demain, on terminera ces drôles de fruits secs, achetés sur un petit étal de marché dans le village Turc près de Kemaliye. On dirait aussi bien des dates (visuel) que des figues (goût). On a pas réussi à comprendre comment ce fruit s’appelait… Une idée ?

On dirait des kakis ???
Des kakis ! Oui bien sûr ! On restait bloqué sur les dates et les figues sans que tout corresponde… Bravo Sylvain et Lise !
J’ai connu une polonaise qu’en prenait le matin au p’tit déjeuner !
A l’état solide ou liquide ? 🤣
Non non je ne valide pas kaki, la peau est bien trop épaisse .