Salut à vous tous.tes ! On a quitté l’Albanie ce matin, on commençait tout juste à l’aimer. On est maintenant en Grèce, escale à Ioannina dans l’Epire Intérieure.
Récit de notre journée, avec une météo ensoleillée et parfois couverte avec quelques gouttes.

Depuis Radhimë, nous cherchions à rejoindre Ioannina en Grèce. J’ai voulu éviter la route de la côte, très encombrée et abîmée. Celle sinuant entre plateaux et vallons de l’autre coté de la montagne surplombant la mer nous a parue intéressante sur la carte. Elle s’est avérée excellente, très peu fréquentée, et nous a dévoilé un tout autre visage de l’Albanie.

Ces paysages nous ont surpris par leur taille et leur beauté. On y a retrouvé quelque chose de la saveur sauvage de la Turquie de l’est. Une nature-culture qui semble ne faire qu’un : des étendues très vastes de cultures, de blé essentiellement et des paturages, aucune ferme industrielle en vue pour autant, mais des petits hameaux peu nombreux. On y a croisé vaches, moutons, chiens, ânes et chevaux, avec ou sans leur berger, au détour d’un virage ou au milieu d’une ligne droite, nonchalants sur l’asphalte…
Quelques rares villages traversés, qui nous ont semblé très vivants, des enfants qui sortent de l’école, des vieux assis au café. Et des commerces variés, bazars et étals de fruits et légumes, ceux qui n’étaient pas encore parvenus sur la côte Adriatique ! Elle nous semble loin cette côte, belle mais où les tensions économiques sont palpables. Les voitures tunées à 100.000 euros et les triporteurs faits maison ou les ânes avec leur bâts tentent un partage très inégal de la route…

Et puis ce fut la frontière, qu’on a passée très vite, nous avons eu l’impression d’être seuls ! Douaniers et policiers affables, malgré le fait que d’une part je me sois trompé de file (camions/ voitures) et d’autre part que je ne me sois pas arrêté au bureau des douanes pour aller directement à celui de la police 😁
Il n’en fallait pas plus pour attirer leur attention sur notre cas. Ils l’ont pris avec le sourire, non sans avoir, pour la forme, vérifié le contenu du coffre et tâté nos matelas pneumatiques 😅
On a quitté à regrets l’Albanie mais on a été contents de retrouver la Grèce. On a pris la direction des gorges de Vikos, après le village de Monodendri.

Une petite place dans le village du haut, fort attirante à l’heure du café Grec, et ci-dessous, le théâtre forcément Grec du village. Toutes les maisons d’ici sont faites de la même pierre taillée, qui ressemble à du silex, très dure aux failles saillantes.

Les gorges de Vikos sont les plus profondes du monde par rapport à leur largeur. Après le village, la route monte cinq à six kilomètres et s’interrompt tout net, avec a peine un élargissement pour faire demi tour. De là, un petit sentier part en direction des gorges et après une centaine de mètres environ…

On est saisi par la démesure du bestiau, mais nous n’en sommes qu’au début…

Le sentier se fait sente, et après le petit belvédère, il serpente à flanc de paroi, avec à notre droite, un abyme de 120 à 490 mètres de profondeur, c’est simplement effrayant.

Vous voyez Nathalie ci-dessus sur la gauche de l’image, tout près de l’endroit où le sentier s’arrête lui aussi tout net.

Je n’avais jamais vu un sentier s’arrêter si brutalement. C’est sidérant. C’est assurément là que Gandalf a combattu le Balrog et non pas sur le pont de Durin à la sortie de la Moria.
On se concentre sur nos gestes, on agrippe la paroi de roche du bout des doigts, on respire. Une fois revenus au belvédère, on sent une joie profonde traverser son corps, celle d’être en vie, des fois qu’on l’aurait oublié !
Puis il est temps de redescendre en plaine, découvrir Ioannina, ancienne cité fortifiée au bord de son paisible lac.

Le lac de Ioannina vu du haut de la citadelle.



Et retour au lac avant de flâner en ville un moment… Sous la statue de ce couple aux traits aquilins, et à seulement deux pieds et jambes.

Et pour les hellénistes, la phrase qui devrait vous donner le nom du sculpteur et de son œuvre (je suppose…)

Nathalie,
Il faut t’entraîner à ne pas cadrer le rétroviseur 😆
Le théâtre inspire et fait envie…