Réveillés ce matin dans une Turquie qui a renouvelé son bail à son président. Nous n’avons entendu aucun signe ou manifestation de joie ou de tristesse de là où nous étions, à l’écart il est vrai de toute grosse agglomération. Partis vers 8h30 de chez Marti Kamp à Sinop pour rejoindre cet après midi le Yali Kamp à Aziziye, où nous avions passé quelque jours l’an dernier.
Étape de 300 kms : essentiellement une grande route à 2 x 2 voies, où l’on change en permanence de vitesse, c’est ce qui donne un peu de rythme à notre conduite car cette voie de bord de mer est plutôt ennuyeuse, nous l’avions éprouvé déjà l’an dernier. On change de vitesse très fréquemment car les routes nationales traversent des villes et villages. À l’approche de chaque passage piéton, on doit passer de 90 à 70 puis à 50, ce qui est nécessaire bien sûr. Ce que personne ne fait, et si vous respectez ces vitesses à la lettre, vous n’êtes plus dans le flux, vous le gênez et prenez même des risques pour vous et pour les autres… On roule donc dans le flux général quand la circulation est particulièrement dense, et à la vitesse indiquée le reste du temps. Et puisqu’on parle voiture, voici pour répondre à la demande de Franck et Muriel de Magicargol, une nouvelle page qui documente les modifications apportées à notre auto pour ce voyage.
Temps maussade mais c’est très bien pour rouler. On a même pu tomber nos petites laines en fin de parcours avec un soleil franc. Le petit déjeuner du matin semble loin et nous jetons notre dévolu sur une petite cantine locale qui fait des kofte. Le patron nous sert une entrée de crudités carottes râpées, choux rouge et salade verte émincée croquantes de fraîcheur et citronnée, puis les kofte, petits steak hachés aux herbes fraîches, servis avec une tomate, trois piments verts et deux tranches de pain léger, le tout grillé au barbecue. C’est un délice qu’on englouti non sans savourer chaque bouchée ! Et si le piment rugi trop fort, on le calme en alternant une gorgée de thé Turc et une autre d’un ayran maison servi en broc d’un litre, yaourt légèrement salé, fermenté, liquide et très frais.
On a repris la route et bien essayé de voir le seul fjord de Turquie, car si des voyageurs en parlent, aucune carte (IGN, Google Maps, OpenMaps, OsmAnd) ne le mentionne. On est arrivé à la conclusion qu’il doit être visuellement anodin, bien qu’il soit géologiquement exceptionnel…
Puis on a commencé à préparer nos prochaines journées de visites, ballades et trajets jusqu’en Géorgie. De fil en aiguille, on a filé comme le vent et retrouvé des espaces familiers à l’approche d’Aziziye. Avec eux nos souvenirs sont revenus à la surface.
Le Yali Kamp est bien ouvert, il accueille quelques familles locales, russes et hollandaises, et nous. On retrouve le sourire du patron Ilhan, oui il a bien une place pour nous, on choisi celle qu’on veut. On se pose devant la petite entrée de plage, avec son portique à franges et son charme craquant. Les bançoires sont nouvelles. Ilhan nous offre le thé de bienvenue, c’est la première fois en Turquie cette année : l’Est commence vraiment ici.





Bonheur d’être ici, on a eu la chance d’avoir reçu le soleil pendant trente minutes, pendant lesquelles Nathalie a passé une robe et s’est enduite de crème solaire. Je suis resté pendant ce temps avec mes fringues chaudes au soleil chaud en me disant que c’était l’heure du bain de mer froid, qu’il fallait s’y jeter sans tarder. Une petite pluie a mis fin à nos espoirs et hésitations. C’était l’heure du thé, alors on a fait le thé. Bonheur du thé.
Le fjord, c’est peut-être le loch Ness turc ?
Ouahou ! J’ai vu la page spécial aménagement de la bagnole et du nid douillet, bravo Luc ! Tes talents de bricoleur n’ont d’égal que ceux de compteur d’histoires en voyage.