Salut à vous toustes ! (J’adore cette trouvaille linguistique qui unit sans le chichi de la séparation par des points (tou.s.tes) masculin et féminin ! ).
J’ai titré ce post « Sinop vraiment », parce qu’hier nous ne sommes pas allés en ville, mais ce fut fait aujourd’hui. Je vous raconte.
Nous sommes partis ce matin à Inceburun, par de toutes petites routes à une dizaine de kilomètres de notre campement. C’est la pointe Turque la plus septentrionale qui avance dans la mer Noire. Il se dit ici que certains jours, par bonnes conditions, on peut voir la côte Ukrainienne… Il n’en fallait pas plus pour exciter notre curiosité.

On arrive sur un plateau qui descend vers la mer. Là, un phare et sa maison de gardien, une ferme et un tracteur de ce côté de la petite baie en contrebas.

De l’autre côté de la baie, ce qui ressemble à une maison de pêcheur. De petites terrasses bétonnées face a la mer offrent au visiteur un point de vue dominant.

Dans les trouées, la végétation reprend ses droits, jusqu’au milieu des rochers avançant jusque dans l’eau. Ici une tour d’observation, à moins qu’il ne s’agisse d’un fumoir ou d’un boudoir ou d’une salle de méditation à l’usage du gardien des lieux ? En attendant, c’est un débarras hétéroclite d’objets inutiles.

On se prend à imaginer à quoi peut ressembler la vie ici, dans un lieu de toute beauté, battu par les vents, mais aussi ça et là sali, essentiellement de bouteilles vides de toutes sortes et couleurs.
Dans l’une des plateformes surmontées d’une toiture, un couple a installé là le temps d’un pique nique, la grand mère. On échange un bonjour avec elle, qui fouille dans un sac et nous offre des fraises et des Erik, petites prunes vertes délicieusement acidulées. L’hospitalité Turque. Nous la remercions et poursuivons notre chemin.

Plus près de l’eau, on découvre un parterre d’herbes et de mousses souples à fouler, et des rochers rougis de minuscules fleurs rouge orangées qui se nichent dans chaque anfractuosité.

Le phare sous cet angle a quelque chose d’une chapelle, d’une religion sans dieu, sans papes ni popes, mais avec les gardiens des âmes en danger dans la nuit des mers agitées.

Ici on imagine de belles heures d’exploration sous marine, l’eau est belle et les fonds se laissent deviner.

Là le chemin qui mène à l’autre bout de la baie. Puis nous quittons les lieux un peu à regret pour reprendre la route vers Sinop.
Cette cité a une histoire très ancienne. Dans l’antiquité, elle est située en Paphlagonie. Considérée comme une des plus importantes villes de la région, la cité fut fondée par des colons de Milet (cité Grecque d’Ionie) vers 630 av. J.-C.
Elle a gardé ça et là dans la ville des traces plus ou moins conséquentes d’un château et de ses remparts.

La ville est aussi celle du philosophe Diogène qui y est né. Une statue a été érigée pour lui. Les portraits de Diogène le présentent parfois comme un philosophe débauché, hédoniste et irréligieux, d’autres fois comme un ascète sévère, volontaire, voire héroïque. Ajoutons qu’il était amateur de jeux de langages et n’hésitait pas à invectiver les puissants, il vivait dans le dénuement le plus total, sans possession aucune.
Sa ville reste aujourd’hui peu amène envers le promeneur. La restauration des monuments obéi parfois à des choix hasardeux, les équipements ou lieux communs sont presque partout vétustes ou degradés. Et pas de chance, pas de marché aujourd’hui, en ce jour d’élections. C’est le second tour de la présidentielle, le jeu est serré entre les deux candidats et beaucoup de gens sortent de bâtiments officiels l’air sombre et tendu.

Dans la halle au marché, c’est aujourd’hui dimanche, donc jour de… parking.

Quand au port, il montre une belle flotte de bateaux de pêche aux couleurs vives. C’est dans ses parages qu’on mangera un moelleux bali ekmek ou sandwich au poisson (aujourd’hui du maquereau). Un pain souple et léger, chaud et croustillant, ouvert en deux et accueillant un beau filet de maquereau grillé au barbecue sur un lit généreux de salade, tomates. oignons. Simple et gouteux !
Nous rentrons dans nos pénates et préparons l’étape suivante. Nous rejoindrons Aziziye demain, les environs de Trabzon après demain, et la Géorgie sera en vue !
Merci pour les belles photos et commentaires (beaucoup plus poétiques que ceux du guide des routards 😄).
Nous vous suivons chaque jour et trouvons que vous avancez vite !
Bonne route à vous deux. 😘😘
Oui c’est vrai on avance vite, entre la pluie, le froid, et la saison qui tarde à commencer, on s’est dit qu’on pouvait avancer. Près de Trabzon cet après midi, on a retrouvé un délicieux camping fréquenté l’an dernier, et il fait beau 🤩
Une grosse étape pour rejoindre Aziziye ! Vous allez encore pouvoir profiter de la vue de la mer Noire.
Petite devinette : pourquoi la mer Noire s’appelle la mer Noire ?
Indice : regardez votre boussole
La mer Ch’Nord, et avec l’accent Chti, c’est devenu Noire
Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi un Chti en Turquie 🤔