Sümelas

Partis ce matin à 8h30, oui, on a presque gardé le rythme du boulot 😋

La route côtière D010 nous a conduit de la péninsule de Jason Burdu jusqu’au monastère de Sümelas, perché à flanc de montagne à une cinquantaine de kilomètres au sud de Trabzon. De là, nous avons en fin d’après midi rejoint notre camping du soir : une famille charmante qui élève des truites, cultive des noisettes et fait son miel.

Récit de la journée.

Nathalie peu avant le départ. Elle prend assez littéralement les indications de la prof de yoga quand elle dit « Ancrez-vous bien dans le sol ». Je m’en rends compte ce matin seulement, je pense en fait avoir épousé une arbresse.

On roule plein EST, tout va bien, c’est là qu’on va. Voyez que la consommation à 6,4 litres c’est pas du flan. Notre étape du jour est d’environ 270 kilomètres, en presque 4 heures.

Passé Trabzon, on remonte une vallée bien verte puis nous nous glissons dans des gorges étroites et on grimpe ensuite jusqu’à l’entrée du parc national d’Altindere. Puis jusqu’au parking où on doit laisser sa voiture. C’est un minibus qui nous emmène ensuite jusqu’au pied du monastère, à 4 kilomètres de là, par une route raide et étroite.

Une fois déposés, une vingtaine de minutes de marche nous séparent encore du monastère, que l’on aperçoit ci-dessus à gauche du sapin au milieu de l’image.

Nous arrivons enfin au pied des marches qui conduisent au monastère de Sümelas. On n’y sera jamais très loin de la paroi, à 1200 mètres d’altitude. Le lieu est aussi élevé qu’il élève, enfin, pas nous, les deux moines grecs de Colchide (Géorgie) qui l’ont fondé : Barnabas et Sophronios, c’était en 386 sous le règne de l’empereur Théodose Ier.

L’histoire de ce monastère est une alternance de constructions, de pillages, de reconstructions, de vandalisme, de rénovations, de tensions religieuses (être Grec en Turquie en 1920, c’était compliqué, et ça l’est resté). Il vit en ce moment une phase ascendante puisque c’est un monument choyé par le ministère de la culture Turque et dont les peintures (fresques) sont en cours de restauration. Mais tout cela reste fragile malgré tout : les derniers actes de vandalisme datent de 2020…

A peine entrés, nous plongeons au coeur du lieu, très long et plus étroit à mesure qu’il se développe.

Et puis, il fallait la voir… La porte de la bibliothèque, sans doute celle des enfers car elle n’apparaît qu’à cellui qui monte les quelques marches du perron.

A l’intérieur, surprise de découvrir cette nonnette au travail, les yeux mangés de la fatigue de la lecture.

Puis c’est l’eglise rupestre, qui abritait différents lieux de prière, le centre du monastère. On mesure ici au niveau de saturation des graphitis, rayures, grattages, que les outrages ont été nombreux et répétés.

On voit ici deux âges des fresques : la première, en bas, a été recouverte par une autre, beaucoup plus tardive.

C’est la vierge Marie qui est au centre de presque toutes les représentations, son fils Jésus est un second rôle dans cet univers.

On a pas de mal à s’imaginer la vie ici, les lieux sont nombreux, pas très grands bien sûr, mais de la bibliothèque à la salle de prière, de la chapelle aux bains, des toilettes à l’auberge (chambres monastiques), de la salle à manger aux cuisines et dépendances, il y a ici tout le nécessaire pour une vie retirée, en communauté.

On cherche sans cesse par quelle niche, sous quelle arche et par quel escalier passer pour accéder à un autre lieu, le réseau n’est pas si vaste mais donne l’illusion de parcourir une ville entière, une de celles d’Italo Calvino : une ville accrochée à flan de montagne, et dont les habitants ne parleraient que de la paroi ou de la montagne d’en face, ou de tout autre chose que ces deux choses…

Et puis s’extraire du lieu et retrouver le sentier.

 

 

5 commentaires

  1. Superbe découverte on a envie de se perdre dans ce couvent rempli d histoire !!!!

    Merci de nous faire partager tant de beautés
    À bientôt bisous 😘

  2. Un temps de retraite dans ce lieu même pour se fatiguer les yeux par trop de lectures
    Je suis preneuse …je retiens l’adresse
    Continuez à nous faire partager votre périple…bisous

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