Batoumi

Partis ce matin du formidable Dereiçi camping, où nous avons dormi, bercés par la bande son des eaux tumultueuses et froides de la montagne se jettant dans les bassins à truites. La maîtresse des lieux nous a offert le thé lorsque nous sommes allés la saluer.

Redescendre la montagne jusqu’à rejoindre la D010 direction plein EST sur Trabzon. Une route connue, que nous avions faite dans l’autre sens l’an dernier lorsque nous avions loué une voiture pendant la panne de cardan immobilisant notre side-car. Rien de particulier si ce n’est que pour la première fois, en écoutant la radio, la musique nous fait sentir la confluence des cultures d’Asie.

Je passe les lenteurs et les humeurs, les tunnels aux camions sans lumières, les dépassements sur double ligne blanche en virage, les averses et les freinages tardifs aux feux rouges des pleines lignes droites.

Et puis nous voyons de plus en plus de camions 38 tonnes. A tel point qu’ils finissent par former une file ininterrompue jusqu’à la frontière Géorgienne. Des camions Turcs, Géorgiens, Bulgares, Russes, Lituaniens, Ukrainiens… Chauffeurs debouts devant leur camion, rassemblant leurs documents ou occupés ça et là à quelque entretien.

Après une bonne heure de point mort / drive, nous passons enfin devant les douanes et polices. Agents désabusés, fouille des bagages de toiture. Morgue relationnelle de rigueur. La sortie est une illustration vivante de la Géorgie : ici on oublie tout ce qu’on connaît, on agite énergiquement et on passe quand une occasion se présente.

Nous voilà donc en Géorgie. Un peu secoués car le pays ne laisse pas indifférent. Un tohu bohu pressé à même de vous faire oublier vos règles intégrées, simplement parce-que vous êtes mis dans une situation de stress : le policier Georgien demande à Nathalie de descendre de voiture et de passer la douane par le passage des piétons, je la passe moi dans la file des véhicules. De l’autre côté, je ne peux pas me garer tellement les piétons les bus et les voitures saturent l’espace. Les rabatteurs pour assurances ou pour vous vendre un « Georgia tour  » couvrent l’espace. La file de dégagement est en fait un vaste parking saturé, je dois ruser pour trouver quelques mètres carrés où laisser la voiture, à l’autre bout de la place, pour récupérer Nathalie qui va arriver du terminal des piétons.

Un tel taux de chaos ne s’oublie pas et trops contents de s’être retrouvés, nous en oublions d’acheter l’assurance auto Géorgienne…

Nous reprenons la route pour une trentaine de kilomètres. MapsMe nous sort un itinéraire de derrière les fagots sans doute parce qu’une grande ligne droite ne lui convenait pas : il nous emmène dans les hauteurs de Batoumi, chemins de terre et gravier défoncées. Il nous fait éprouver les qualités de grimpeuse de la voiture. Puis nous tombons de fatigue et d’ennui agacé quand nous renonçons au « super camping » plébiscité par l’application Park4night parce que la patronne, qui fait traduire en anglais ses conditions irraisonnables à sa fille de 11 ans, nous propose un prix en euros sans wifi et un autre en euros avec wifi . Mais quand nous creusons, le wifi ne sera en fait disponible que dans un mois. Nous déclinons l’offre poliment.

C’est en remontant à bord de la voiture qu’arrive un camping car français. Échange d’infos, eux viennent du nord de la Géorgie et nous proposent d’aller voir un autre camping à quelques kilomètres de là. Let’s go !

On trouve le site avenant, les installations de classe « praticables sans plus », sans wifi mais au moins c’est honnête,  et la mer est à nos pieds, on décide de se poser là. Voilà comment nous avons fait la connaissance de Jackie et Faouzi, un sympathique couple de voyageurs français qui font la route chaque année loin de chez eux.

Un verre de vin blanc Géorgien en main, un soleil préparant son lit sur l’horizon de la mer Noire, une table et quatres chaises en plastique rouge.

Nous voilà donc débarqués du jour en Géorgie, sans même savoir comment dire merci parce que Google Traduction l’écrit en alphabet Géorgien bicaméral (qui ne comporte aucune majuscule) qu’on ne sais pas lire, et ne nous propose pas de l’entendre. Ce traducteur ne convient donc qu’à ceux qui connaissent déjà le Géorgien 🤔

 

 

 

 

 

3 commentaires

  1. J’imagine que le langage avec vos mains n’ont plus aucun secrets pour vous.
    Je vais ressortir ma carte pour vous suivre…j’ai sans doute rater une étape …..
    Je vous embrasse

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