Erevan

Salut à toutes depuis Erevan ! Très heureux d’y être, de l’avoir découverte aujourd’hui et d’en explorer ses environs dès demain.

La nuit dernière était très bof, à se gratter partout, dans un lit déglingué, ça vous met les cervicales à l’agonie. Ce matin en roulant j’ai encore gaulé une puce sur ma cheville. Je l’ai donnée au vent, par la fenêtre !

Une presque autoroute entre Dilidjan et Erevan, où la circulation et la fébrilité augmentent à mesure qu’on s’en approche, mais surtout, on quitte le petit Caucase vert et pluvieux pour un plateau haut et sec autour de Sevan et de son lac, le plus haut des grands lacs au monde, à 2000 mètres : c’est l’Asie ! On est passé de 14 degrés à 28 !

« Le lac Sevan (en arménien Սևանա լիճ), mer / lac de Gegham, est le plus grand lac d’Arménie, « véritable mer intérieure de 1 400 km2 (deux fois et demie le lac Léman) dotée d’un régime à certains égards marin » et c’est le troisième plus grand lac d’Asie de l’Ouest (après le lac d’Ourmia et le lac de Van).
C’est l’un des plus vastes lacs d’altitude du monde. Il est situé dans la province de Gegharkunik, à l’est de l’Arménie. Il reçoit les eaux de 28 rivières et a comme émissaire la Hrazdan (Razdan), qui se jette dans l’Araxe. Avec le lac de Van et le lac d’Ourmia c’est l’un des trois grands lacs de l’ancien royaume d’Arménie, surnommés les « mers d’Arménie » « .
D’où nous le voyons, il semble parfaitement clair et ses couleurs changeantes très belles selon la lumière… Mais la gestion soviétique productiviste du lac a conduit à une surexploitation de la ressource en eau dans les années 20 à 30 au point que son niveau a baissé de 20 mètres ! Les apports pluviométriques sont trop faibles à cette altitude pour compenser les pompages eeffectués.
Depuis les années 60, l’azote et le phosphore contenus dans les engrais agricoles ont de plus conduit à l’eutrophisation de l’eau : trop riche en nutriments, des algues y prolifèrent, qui étouffent l’équilibre naturel du milieu. Les deux espèces endémiques de poissons y sont aujourd’hui menacées.LLa pêche y est interdite mais le braconnage se poursuit.Un programme de renflouement en eau a commencé dès la prise de conscience du problème écologique dans les années 60. Le lac a été inscrit comme site Ramsar en juin 1985, l’équivalent UNESCO pour les espaces naturels.
Suite à divers plans, plus ou moins heureux, le lac avait atteint en janvier 2010, son plus haut niveau depuis 1965.  En 2031, il devrait atteindre le niveau requis pour sa « restauration ».Même dans des endroits qui semblent préservés, des actions restent nécessaires pour que le milieu affecté retrouve l’équilibre…Puis nous reprenons la route jusqu’à Erevan, la capitale Arménienne d’un million d’habitant, (1,9 avec ses environs) paraît bruyante et poussiéreuse de prime abord.
Il faudra poser la voiture, installer nos affaires pour la nuit dans l’hôtel Paradise, en fait une auberge installée dans une cité populaire tout a fait paisible, puis sillonner la ville à pied pour en sentir l’ambiance et en prendre la mesure.
Place de la République. La taille des bâtiments publics est digne du théâtre du pouvoir soviétique : grandiloquent, implacable, écrasant.
Heureusement, les espaces verts aux arbres géants sont très riches en pièces d’eau et fontaines. Ils sont un bonheur pour le piéton avide de fraîcheur…

D’un côté…

Et de l’autre… Très peu d’indications sont traduites, on ne sait pas toujours à qui on a affaire. On suppose que pour tous (car il n’y a que des hommes), il y a la mention « la patrie reconnaissante ».

Un aviateur…

Un poète : Khalil Gibran, né au Liban à Bcharré, de langue arabe et anglaise

Étonnantes decouverte que la Mosquée Bleue, dont on découvrira les jardins parfumés un peu plus tard dans nos périgrinations. L’ère soviétique a été celle de la destruction des mosquées et des églises. Celles que l’on voit aujourd’hui à Erevan ont été construites après la désovietisation entre 1970 et 1990. Mais la mosquée bleue, construite au 18e siècle, est passée semble-t-il au travers des foudres destructrices.

Puis, c’est le complexe des cascades, une impressionnante enfilade de cascades en escalier aux dimensions titanesques. On y trouve le centre d’art contemporain Cafesjian, lové sous les escaliers monumentaux… C’est dire leur taille !

Au niveau de la ville, un parterre de pelouse fleurie accueille une série d’oeuvres contemporaines parmi lesquelles on trouve plusieurs pièces de Botero et…

Le Lion de Ji Yong Ho, 2008

.Impala Leap de l’artiste britannique Sarj Guha, 2005

Fatigués mais déterminés, nous décidons de gravir les plus hautes marches de l’escalier monumental.

On arrive au seuil d’un chantier resté en berne, fers à betons rouillés dressés comme des herbes folles. Il manque les cent derniers mètres raccordant les escaliers monumentaux à ce qui ressemble plus à l’inquiétante étrangeté de l’oeil de Sauron (Le seigneur des anneaux) qu’à la célébration de l’art contemporain Arménien… C’est qu’on ne se débarrasse pas si aisément d’une centaine d’années d’architecture impériale.

Du même point de vue, si l’on se retourne vers la ville, on ne boude pourtant pas son plaisir d’être venu jusqu’ici.

Au loin, on devine les deux sommets du mont Ararat (5837 et 3896 mètres), qui est un stratovolcan situé à proximité des frontières entre trois plaques tectoniques : la plaque arabique, la plaque eurasiatique et la plaque anatolienne. Sa ceinture volcanique fait 900 kilomètres de long et sa formation remonte à 1,5 ± 0,2 million d’années.

Sur le chemin du retour à notre auberge :

Cette statue en hommage au poète Yéghiché Tcharents

Et cette échoppe de livres de seconde main, en hommage aux esprits libres et frondeurs qui font le sel de nos jours et nuits.

1 commentaire

  1. Totalement écrasante cette architecture communiste, batiments ou sculptures, même combat : que celui qui les regarde se sente tout petit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.