Salut à vous ! Pas de post hier parce qu’on était en montagne, d’abord à la forteresse d’Amberd, puis au lac K’ari Lich, à 3.200 mètres d’altitude, on y a fait une ballade entre neige et rochers puis on a mangé au restau d’altitude. On est redescendu en même temps que le soleil et on s’est glissé dans un petit chemin au milieu de la végétation pour un bivouac improvisé…
Parti ce matin vers 10h, on a fait trainer le deuxième thé noir au soleil du bord de la piscine, dans ce havre où tout est fait pour la détente (oui ce terme fait vioque, les jeunes diraient chill, mais c’est ce qu’on est, au vu de nos douleurs articulaires) entre les poules, la compagnie des oies et le chien.
On s’est donc mis en chemin pour voir devinez quoi… Une église ! Ça change des monastères, et puis celle-ci voisine avec une forteresse fière comme Artaban, dressée là sur son éperon rocheux, même pas peur des soldaillons qui lui envoient des flèches et des lances…
Pour y parvenir, on a emprunté la route la plus défoncée jamais vue jusqu’ici, on oublié les nids de poules, le nouveau standard c’est le nid d’autruche ! Et si savamment disposés sur la route qu’on a l’impression que les voitures arrivant en face foncent sur vous ! Pas du tout : elles évitent simplement les trous, et comme vous faites la même chose, ça donne lieu à beaucoup d’improvisation 😵💫
La forteresse d’Amberd ne se livre pas d’emblée, il faut grimper la montagne par une petite route étroite et sinueuse, où nous rencontrons un campement d’été avec d’abord quelques chevaux, un troupeau de brebis et de chèvres, ruches et tentes qui ont la forme des Yourtes mogoles mais avec des toits en bâche plastique bleue.




Et quand la route s’arrête, petit parking, on s’acquitte de l’entrée du site au tarif « foreign visitors », et Baaam ! comme dirait Hugo, ni Victor ni Boss, le nôtre. La forteresse apparaît. On est ici à 2500 mètres d’altitude.


Effectivement, un agresseur à pied, à flèches et lance, doit sérieusement réviser sa stratégie pour entrer dans les lieux.

L’entrée principale.


Les pavots semblent très à leur aise ici.


C’est par ici qu’on entre et monte à l’intérieur.

Cheveux aux vents, ma bourlingueuse.

Après la vue du haut du fort, il est temps de redescendre, et d’aller voir l’église d’Amberd, à deux pas de là. Elle est alimentée en eau depuis une réserve sous la forteresse, qui la conduit dans des tubes de terre cuite par la pente naturelle.

La forteresse a été construite au viie siècle sur son piton rocheux, elle fait partie d’un système défensif contrôlant la plaine de l’Aragat. C’est un des rares témoignages de l’architecture militaire arménienne au Moyen Âge.
L’église attenante de Vahramashen a été construite par le prince Vahram Vatchoutian (d’où son nom, Vahramashen, « construite par Vahram ») en 1026 en pierres de tuf volcanique.
Pris par les Seldjoukides au xie siècle, Amberd est détruit par les Mongols au xiie siècle. Fâcheuses, coûteuses, inutiles et courantes habitudes que de détruire ce qu’on a pris par la force.

Et puis nous reprenons la route vers le lac K’ari Lich, à 3200 mètres d’altitude.

La route se fait plus étroite encore, mais on arrive toujours à croiser, sinon, il faut reculer un peu jusqu’à ce que ça passe.

On est ici a la station d’observation des rayons cosmiques. Elle semble désaffectée, une trace fantôme des années Russes, des bâtiments en dur, entrées murées, fenêtres cassées, d’autres en métal, sur cales, des restes d’appareils étranges, supports d’observations peut-être. On imagine bien une base secrète dans un James Bond, avec combat en apnée sous l’eau gelée !
Seules une ou deux bâtisses sont habitées, par des scientifiques qui poursuivent leurs recherche, mais ce n’est peut-être pas avec les mêmes moyens, ni sans doute avec les mêmes techniques. Il paraît qu’on peut demander une visite guidée…

On se gare devant l’entrée fermée du site de recherche. A ce moment là, avant l’orage de grêle, on ne sait pas encore si l’on va où non bivouaquer ici dans la voiture. Si oui, il faudra être prêt à dormir avec un -5 au moins, à la louche. Avec un peu de soleil il fait 7 degrés.

En Arménie, les vestiges restent en place là où ils sont tombés, bouffés de rouille ou grignotés par les vents et les pluies. Et si l’on construit du neuf, c’est à côté. On avait remarqué la même chose en Géorgie. On peut se dire que ça relève d’un rapport à l’environnement très utilitaire (prendre ce dont on a besoin sans se soucier de rien), ou bien que celà relève d’une attitude qui ne peut se défaire de la nostalgie du passé ?

Le lac est encore pris dans la glace, en débâcle. Les sommets sont encore dans les brumes. Un orage se prépare…

Le bord du lac vu du refuge, Vodka offerte si baignade !? La pluie, froide au possible, puis la grêle commencent à tomber, on court à l’abri dans la voiture. L’orage est de brève durée. Presque aussitôt passé, le soleil pointe son nez !

L’extension du refuge, pas vu l’intérieur mais je me demande s’il vaut pas mieux planter sa tente.

Ces pigeons sont-ils voyageurs ?

Sous le soleil le lac prend une toute autre tournure, côté station…

Et côté montagne…

On commence une petite grimpée, légère parce qu’on a des chaussures d’été ! En évitant de rester trop longtemps sur la neige, ça le fait.

Ici des Russes bivouaquent sous tente en vue de gravir le sommet demain matin. Ne sachant pas qu’ils sont Russes je m’adresse à eux (trop vite) en anglais, ils me répondent en Russe. La conversation s’arrêtera là.
Les deux sommets Aragats sont à 4090 et 3916 mètres. Le premier demande un équipement de haute montagne (piolets, crampons, cordes) et de savoir par où passer ou d’y être guidé, le second se fait très bien avec le minimum de prudence l’été sans matériel spécifique.
On monte jusqu’où le manteau neigeux est continu. On sent une fraîcheur portée par le vent qui souffle vers les hauteurs. Je sors l’harmonica, voir ce qu’il en fera (activez votre son !)…
On décide d’aller manger un morceau au refuge, on est à ce moment décidé à bivouaquer dans la voiture.
L’accueil est frais et rêche, comme partout en Arménie, en fait nous ne parlons ni Russe ni Arménien et eux ni Français ni Anglais. Nos traducteurs ne sont pas opérationnels dans les deux langues. Très difficile est la commande. Il nous faudrait un abécédaire en images ! Un jeune couple plus loin, elle française, lui Arménien. Ils viennent gentiment à notre rescousse mais il nous commande un dîner de fous, et on ne s’en rend pas compte, sauf au moment de l’addition 😵💫😂

Ce qui devait être une petite entrée est un repas à lui seul.
De G à D ci-dessus : assiette concombres tomates, pain, citron, assiette de légumes lacto fermentés (choux, poivrons), olives noires, petite assiette de champignons lacto fermentés, coupelle d’ail et huile, assiette de 3 fromages, assiette de radis et 3 herbes.
Ci-dessous : soupe au pain et mouton.

Quand à nos soupes, elles sont servies à la cosaque, avec un genoux de mouton bien gélatineux dedans pour moi, un pied pour Nathalie. J’essaie d’en faire abstraction, de retirer ce machin dégoûtant pour me concentrer sur la soupe, sous l’oeil goguenard de Nathalie et pendant que la serveuse achève les soupes avec autorité en brisant un pain sec entier à l’intérieur.
On a un repas pour 4 environ et après 1/3 des entrées on est déjà calés !
On sort du restaurant, on essaie de se projeter 5 à 6 heures plus tard dans la nuit et on se dit que ça le fera pas, sauf à allumer le moteur toutes les deux heures pour avoir du chauffage… On prend la décision de redescendre pour bivouaquer beaucoup plus bas, notre plan B.

Un dernier coup d’oeil sur le lac… Et redescendre avant la nuit, au couchant.



On trouvera un autre endroit, discret, au milieu des arbres, en se demandant si les rayons cosmiques nous atteignent sous les feuillages…
Ben, vous nous avez pas dit ce que vous avez mangé le soir 😉
Magnifique ce lac.
La forteresse m’a fait penser à une que j’ai vu en France, mais je ne sais plus où. J’ai replongé dans mon encyclopédie des châteaux et des fortifications, sans succès. Cette architecture était bien adaptée à la défense car les murs droits sont très peu larges et flanqués de tours de chaque côté. D’après l’environnement, peu de chances de faire des sapes pour écrouler les murs. Les Seldjoukides et les Mongols ont soit fait un siège soit ont profité de complicités pour entrer, un grand classique des prises de châteaux.
En tous les cas, remarquable pour le VIIe siècle, époque où en France les châteaux sont en bois et construits sur des mottes de terre.
D’après ce site https://www.tsarvoyages-caucase.com/site/amberd-forteresse, il y a des thermes romains en contrebas…
Coucou Jacques ! Ça y est j’ai décrit les plats 😋
Je savais que ce lieu de forteresse te plairait 😍
« Vodka offerte si baignade » dis-tu, Luc
– Vous l’avez eue cette vodka ?
Avez-vous des échos de ce que pensent les Arméniens de la guerre en Ukraine ?
Vous font-ils sentir que vous êtes des Occidentaux ?
Concernant la Vodka, on a bu un petit shot en effet, offert par le gentil couple franco-arménien qui ne nous a pas demandé de preuve de baignade 😂
La question de Cat mérite plus qu un post. Bien que tous russophones,il y a les armeniens et les russes. Parmi les russes,il y a les bons – anti poutine -et les autres. Même les » gentils russes » sont perçus comme de trop car la plupart se comporte comme en terrain conquis. Meme problème en georgie . Ces pays ont été soviétiques pendant plus de 70 ans et jusqu en 1991 tous ont été scolarisés en russe. Clara, en georgie nous indiquait qu entre eux,ils posaient clairement la question : penses tu que Poutine a commis une agression. Donc nous ne sentons pas d acrimonie particulière mais on s est posé la question quand nous avons été verbalisé de façon injuste en georgie .