Monastère d’Haritchavank et Gyumri

Ce matin, on a été réveillé tôt dès le lever du soleil par les premiers passages des voitures sur la route. On a attendu que les oiseaux chantent pour se lever. Les accompagner pendant la préparation du thé (Turc, mais il ne faut pas le dire…) en leur sifflottant une réponse. Un oiseau particulièrement nous a intrigués, dont le chant très mélodique nous reste inconnu. Puis deux chiens se sont invités, un mini renard tout noir et bien espiègle, un basset roux frétillant mais très timide. Ils attendaient quelques bouts de pain au miel de nos tartines, on s’est fait des copains.

A 8 heures on partait pour le Monastère d’Haritchavank. Pour le rejoindre il nous a fallu contourner tout le massif des Aragats. Le paysage était hier a couper le souffle, et il l’est resté aujourd’hui, dans un tout autre style.

Un regard dans le rétroviseur, c’est les Aragats dans les nuages, on commence à les contourner par l’est puis par le nord puis par l’ouest.

Grandes plaines aux dégradés de verts et ocres parsemés de points des couleurs des fleurs de printemps. Très peu d’habitations, plutôt regroupées en hameaux ça et là. Maisons carrées en pierre volcanique à toiture de zinc ou acier peint.

Même les poteaux électriques sont beaux dit Nathalie et c’est vrai, avec leur portes-câbles qu’on dirait ourlés aussi délicatement que des cils et le fût de bois du poteau, variable à chaque fois.

Au bout de ces champs parsemés, de poteaux, les Aragats laissent voir leurs névés blancs entre deux brumes et nuages, tranchants avec le gris bleu minéral de leurs roches.

Les routes sont dans un état très variable et sont surtout pleines de surprises en tous genres.

Arrêt inattendu pour cet ensemble sculptural à la gloire de l’inventeur de l’alphabet Arménien. L’hommage date de 2005 mais la statuaire possède encore les codes de l’architecture soviétique. Chaque lettre est sculptée dans un bloc de tufe.

L’alphabet arménien a été créé en 405 par saint Mesrop Machtots après une utilisation infructueuse des caractères de Daniel. Il permit à l’arménien de trouver sa langue écrite, le grabar. La Bible fut le premier texte à être traduit en grabar.

Les groupes d’enfants et adolescents en voyage scolaire se succédaient ce matin pour une visite des lieux. L’écriture de l’Arménien semble être bien plus qu’une simple question technique ici, c’est le vecteur de transmission d’une culture menacée par des voisins belliqueux et par un tout petit nombre d’habitants locuteurs et écrivants : en 2020 ils étaient tout juste 3 millions.

Et puis on poursuit jusqu’au monastère d’Haritchavank, dans un village isolé de tout. Ici pas de bus scolaires, de cohue de visiteurs ni même de bibelots à vendre. Le site est à 2500 mètres d’altitude.

Haritchavank (en arménien Հառիճավանք) est situé dans le marz de Shirak, dans la communauté rurale de Harich, au nord-ouest de l’Arménie. Il est bâti au bord d’une ravine peu profonde du flanc ouest de l’Aragats.

Fondé au viie – viiie siècle, Haritchavank est pillé par les Seldjoukides au xie siècle. Il est refondé au xiiie siècle par les Zakarian mais tombe en déclin dès le xive siècle. Il est profondément restauré au xixe siècle et devient une résidence d’été des Catholicos d’Arménie.

Ses principaux bâtiments sont Sourp Grigor (« Saint-Grégoire »), Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu ») et le gavit.

Haritchavank semble boudé des circuits touristiques, alors qu’il a beaucoup de charme et qu’il montre une bonne conservation et restauration. Le site de son implantation est modeste par rapport à beaucoup d’autres, mais il a un charme bien à lui.

On retourne à Gyumri, deuxième ville après Erevan et qui fut détruite à 60 % par le tremblement de terre de 6,9 sur l’échelle de Richter le 7 décembre 1988. Elle porte encore les traces de ce drame, dans le nord de la ville, des cités entières sont tombées et leurs gravats sont toujours là. De nouveaux bâtiments se sont construits un peu plus loin depuis, souvent en modules plus petits, moins hauts.

Nous trouvons pour notre dernière nuit en Arménie, un B&B dans un hôtel dont le pays a le secret. Le patron est jovial et sympathique. On peut s’y faire à manger, du thé et du café, il y a un petit jardin, la literie est correcte ainsi que la wifi et il y a un aquarium dans la chambre !
On est les seuls clients ce soir. Une partie de Yams devant une Gyumri (bière locale) avec Nathalie, puis la revanche (perdu les 2). Demain on passera la frontière pour ré-entrer en Géorgie. C’est notre retour qui commence.

4 commentaires

  1. Ah c’est parce que vous êtes les seuls clients qu’il vous a logés dans la suite Barbie, la plus seyante de l’hôtel, heureux voyageurs que vous êtes !

  2. Et encore pas possible de vous photographier l abominable odeur de clops. Barbie à la gitane maïs!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.