Erzincan

On a quitté notre petit hôtel fort sympathique à Erzurum vers 8h30 ce matin. Discuté un peu hier soir avec le patron et un de ses amis devant un thé. Ils étaient curieux à propos d’Emmanuel Macron qui leur apparaît depuis la Turquie comme un apprenti dictateur, j’ai confirmé qu’il apprenait vite. C’est drôle parce que ce qui m’est venu en tête à ce moment là c’est l’ignoble vizir Iznogoud. Ça m’a interrogé cette nuit en y repensant car Iznogoud n’est pas encore calif, alors que Macron oui, ce qui ne l’empêche pas de se comporter comme s’il ne l’était pas encore… Bref, c’est un peu comme s’il lui manquait – symboliquement – un truc très important pour être calif. La légitimité peut-être ?

Nuit calme, mais trop courte : à 3h39 le chant du Muezzin dans les hauts parleurs en stéréo dupliqué sur plusieurs minarets, avec l’effet retard des distances, en intro et final les tut-tut-tut-tut-tut-tut du téléphone qui envoie l’enregistrement des chants, ça fouette méchamment. Après ça, la journée peut commencer en mode bien énervé.

Grand beau au lever du soleil, le ciel se couvre vite de gros nuages qui se déplacent vite. Il fait frais malgré le soleil, de quoi se rappeler qu’on est à 2000 mètres. Petit déjeuner sur place, bien agréable de varier le menu de temps à autre !

Voici un post avec pas grand chose, un post avec peu de photos. J’ai conduit et Nathalie a pris 6 photos durant le voyage, dont 5 de la même montagne, j’ai retiré la moins bonne, il en reste 4. Vous allez me dire, oui mais une photo du même objet ou sujet prise d’une voiture en mouvement n’est jamais la même ! Avec Nathalie et avec Roland Barthes vous auriez raison : l’instant photographique rend chaque image singulière.

Très belle route que celle qui relie Erzurum et Erzincan en 190 kms. C’est une route pullman, à 2 fois 2 voies avec terre plein central la plupart du temps. Mais on traverse des paysages eux-mêmes tellement vastes qu’on a pas l’impression de circuler sur une grand route. Elle nous semble juste proportionnée au milieu qu’elle traverse : plaines et montagnes où arrêter son regard.

Cette chaîne de montagnes au loin est faite d’une succession de 3000 mètres d’altitude.

Celle qui se distingue presque au centre, a un air de Dolomite sous cet angle. Une dent rocheuse avec ses éboulis à ses pieds.

Mais si l’instant d’après, la brume gomme ses pierriers, elle perd sa spécificité et devient une montagne dont on n’est pas même sûr qu’elle soit faite de roche.

L’instant suivant, la voilà devenue volcan. Son panache monte directement du cratère central qui éructe dans un gros nuage.

Un volcan vous dis-je…

Un peu plus loin, devant nous, c’est Étretat jusqu’en Turquie !

Ici, c’est la vue depuis notre camping du soir, c’est une autre chaîne de montagnes dont j’ai mangé le nom en Turc, pas facile de mémoriser ce qu’on ne comprends pas…

C’est entre ces montagnes qu’on ira demain, descendre les gorges de l’Euphrate, dont la seule évocation nous amène au Tigre. Les deux fleuves, qui s’écoulent parallèlement, entre la Turquie, la Syrie et l’Irak où ils se rencontrent. Dans leur espace commun, ils délimitent la Mésopotamie, berceau de notre civilisation, naissance de nos écritures…

Notre campement du soir. Du linge sèche sur le fil, le réchaud crache le feu pour le thé, la réserve d’eau potable attends son heure.

Les Gorges de l’Euphrate demain… Nous avons hâte !

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