Yassas ! (Bonjour ou Salut, moins formel que Kalimera).
Fébriles ce matin, nous sommes partis pour Delphes à 9 heures, pas les aurores c’est sûr, mais assez tôt pour faire la visite avant le gros des troupes qui arrivent en autobus. La ville contemporaine de Delphes est en fait un village, à un kilomètre à peine du site de l’ancienne cité Grecque, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1987.
Pas vraiment de parking centralisé mais ça et là, quelques séries de places au bord de la route.
Le site est à flanc de montagne exposé sud-est. Il se déploie sur 3 strates composées par le temple d’Apollon et une succession de Trésors, en fait des minis temples emplis de trésors pour satisfaire aux Dieux. Chacun d’eux représente la contribution d’un territoire ou d’une colonie Grecque. Le site et les objets qui lui sont associés couvrent une période qui va du VIIe siècle au IIIe siècle avant J.C, et pour le théâtre jusqu’au Ier siècle après J.C.
Au dessus c’est le théâtre, avec gradins et scène et tout en haut du site, c’est pour les braves, le stade et ses gradins.

C’est par ici que l’on commence à découvrir le site naturel, qui fait corps avec le site antique. Les montagnes semblent faire écrin et support pour chaque construction des hommes.

La lumière est très blanche, le ciel chargé d’une brume de chaleur. Il fait aujourd’hui 37 degrés, soit 2 de plus qu’hier.

On est de suite happé par les restes des monuments qui nous parlent… Comme ici, en Grec…

Cette typographie a une finesse de trait à laquelle on s’est habitué en imprimerie, mais là, c’est une gravure sur pierre dans des caractères de petit corps. Ils ont quelque chose des anciennes écritures cunéiformes, l’ombrage de leur profondeur sans doute ?

Ci dessus, les pierres du socle qui recevait la copie de bois du Cheval de Troie, réalisée peu de temps après l’original.

Là, les restes du Trésor des Béotiens (habitants de la Béotie, en Grèce Centrale, région de Thèbes dans l’antiquité).

Ici les restes du Trésor des Athéniens.

Et puis posée là sans fioritures, la pierre liée symboliquement à l’Omphalos sacré de Delphes. Elle serait tombée du ciel ici au coeur de la cité de Delphes car Zeus l’aurait lancée pour voir où était le centre du monde… Elle a tout de l’extrémité d’une capsule spatiale… L’Omphalos, version décorée et votive de cette pierre, jouait un rôle central dans le dispositif de l’Oracle qui prenait place dans le temple d’Apollon. La Pythie, jeune prophétesse répondait aux questions qui lui étaient posées et qui étaient aussitôt traduites par les prêtres…

Il nous faut grimper encore un peu…

… pour découvrir le temple d’Apollon.

… et à ses abords, les restes du dit Trépied des Platées, bien curieuse colonne qui était surmontée d’un Trépied en or massif (qui fut plus tard fondu par les Phocidiens pour financer une guerre…).

Il nous faut monter encore pour accéder au théâtre, la partie la mieux conservée et celle qui a reçu les aménagements les plus récents du site archéologique.

En chemin, la jeune Hittite commence la cueillette d’un mûrier noir sauvage. Partagé entre le désir de manger des fruits de sa récolte avec elle et celui de lui faire comprendre le concept de propriété qui lui est vraisemblablement étranger, ne sachant trancher, je fuis lâchement…


Et nous voilà maintenant occupés à faire disparaitre les traces de son forfait.

… quand un peu plus loin…


Le théâtre se dévoile complètement. Il pouvait accueillir 5000 spectateurs.
Il y a sur un des mur de soutien du théâtre, des gravures de textes d’esclaves affranchis, mais nous n’avons pas su les trouver… De là à en dénicher un jour une traduction ? Une fiction sur bases historiques ? Je lance une bouteille à la mer.
Il faudra un dernier effort pour parvenir jusqu’au stade, tout en haut du site.


La vision de ce stade, creusé avec des outils manuels rudimentaires, sous une chaleur étouffante, avec un transport et taille de blocs venus des carrières du Mont Parnasse, nous donnent tout à coup le vertige… La lecture (cf cartel précédent) de la dernière des épreuves quand à elle, nous cisaille les guiboles.
C’est au musée, tout en bas du site, qu’on va se refaire une santé, la promesse d’une climatisation bien réglée nous donne les forces nécessaires. On découvrira aussi une muséographie fort bien réalisée, scénarisée sobrement, en trois langues dont le français, ce qui ne nuit pas à y voir clair !


Ces petits objets votifs sont de toute beauté…


Ces têtes de Griffons, pour éloigner les mauvais esprits…

Et ce cheval et ce boeuf pour attirer les bons ?


Les restes d’un taureau votif, tout d’argent et de cuivre. Sa grande taille, son assemblage fragile, donnent ensemble une sensation de bête puissante.



Restes d’une statue votive avec ses ornements d’or.

La jeune Hittite est parfois déconcertante.

Et je préfère de loin quand elle pose, avec beaucoup d’intuition et de justesse, en se plaçant comme ici sur fond d’écrin, comme une oeuvre vivante : une artiste !



Et, avant de quitter les lieux, cette statue de bronze dite « L’aurige », miraculeusement conservée, grâce aux gravats fins d’un tremblement de terre, qui lui ont permis de traverser le temps en évitant les pilleurs et les saccages… Détail, mais troublant, elle tient encore à la main les rennes de son attelage de chevaux…
Nous terminons notre découverte des lieux par le sanctuaire d’Athena Pronaia, il reste bien peu ici des 4 temples d’alors dessinés sur le cartel, mais peu importe, ce qui reste suffit au rêve.

Que c’est beau !
Jamais vu une colonne torsadée de cette manière.
Le théâtre et le paysage sur lequel il est ouvert m’a fait penser à Taormine en Sicile.
Et demain, Jacques, c’est Epidaure ! 🤩
J ai trouvé la parade à la température. Un foulard mouillé en permanence fait office de climatisation naturelle. Une bière très fraîche aussi d ailleurs ! Magnifique cet endroit mais qu’ est ce qu il faisait chaud .
Z etaient bonnes ces mures. Je préfère les rouges aux blanches mais elles tâchent plus .