Hello à toustes ! On a quitté le camping Proti à 10 heures ce matin, par 28 degrés, ce qui est peu ! Bon, le thermomètre a grimpé ensuite par étapes jusqu’à 35, ce que vous avez dû connaître vous aussi un peu partout cet été je suppose…
On s’est fait balader sur une dizaine de kilomètres par le GPS Maps de Google, qui nous a emmené dans un cul de sac parce que quelqu’un avant nous a dû enregistrer et déclarer une mauvaise localisation pour le « Parking du site archéologique de Messini ».
Tout est rentré dans l’ordre quand on a suivi le (vrai) panneau « Ancienne ville de Messini » (Merci Nathalie !). La question de la carte et du territoire – selon Deleuze – nous montre que les habitants ont un savoir que les experts des cartes n’ont pas (Google y compris) :
» Les géographes et les hommes d’État, les explorateurs et les états-majors tracent des cartes ; mais ce sont d’abord les collectivités et les peuples qui cartographient leurs manières d’occuper leurs territoires, par leurs pratiques, leurs organisations matérielles et symboliques, par leurs mythes et leurs rêves même. (Deleuze, 1993, p. 83 ; Glowczewski, 1991 – voir source >>> )
Et question mythes et rêves, la Grèce est très bien pourvue, plus que tout autre pays en Europe !
La ville de Messini, créé au 3ème siècle avant JC est lovée dans un site naturel exceptionnel : adossée au nord entre deux montagnes modestes qui la protège par le haut avec le théâtre et la source, et s’étend au sud en prenant le temps, en pente douce et régulière jusqu’aux extrémités du stade et du gymnase.
La cité tiendrait son nom de la reine Messène restée dans l’histoire pour sa manière singulière de tisser ensemble politique et culture. Nous nous sommes demandé si elle n’avait pas également pu donner son nom au terme de « mécénat ? Je n’ai rien trouvé dans ce sens, en faisant quelques recherches, l’article « mécénat » de la wikipédia indique que « Le mot « mécénat » se réfère à Caius Cilnius Mæcenas, protecteur des arts et des lettres dans la Rome antique. » Étonnant tout de même que cette reine n’y soit pas associée.
Sparte domine la région de Messenie et une longue guerre fait rage entre le 8ème et le 5ème siècle avant JC, contraignant beaucoup de ses habitants à fuir. Le général Thébain Epaminondas y mettra un terme en libérant la ville, permettant aux habitants exilés jusqu’en Italie, de revenir. Cette ville acquiert la réputation d’une forte implication politique, culturelle et religieuse de ses citoyens. La ville de Messini gagne le statut de « cité libre ».
L’entrée dans l’ancienne Messini (site archéologique) se fait par la route, qui traverse sans vergogne la plus grande muraille de Grèce (9 kms tout de même) au niveau de la porte d’Arcadie. On y passe non sans émotion, à côté d’un linteau de pierre impressionnant par sa masse, et par son équilibre incertain. On se sent gêné de rouler en voiture au milieu de ces vestiges historiques.

Après quelques kilomètres se trouve l’entrée du site où l’on gare les véhicules. On entre ici par le nord.

On y trouve très vite des bains dans la foulée de la encore superbe fontaine monumentale (40 m de large) d’Arsinoé (fille du roi de Messène Leucippe et mère du dieu Esculape) irriguant tout le site. L’eau préalablement chauffée circulait entre ces piliers de terre cuite sur lesquels reposait le sol.


Une petite partie de la fontaine d’Arsinoé, à sec aujourd’hui, bien qu’un petit ruisseau traverse toujours le site d’Est en Ouest.


A notre droite, toujours à l’entrée du site, le théâtre, idéalement exposé au couchant.

L’Ekklesiasterion enfin, sorte de petit théâtre, destiné non pas au jeu du théâtre mais aux joutes oratoires : politiques et de culte.


Puis c’est le sanctuaire dédié à Asclépios, dieu de la médecine. Ici on venait tenter d’établir un contact de proximité avec ce Dieu, qui pouvait retirer vos maux.

A sa suite, le Hierothysion où les voyageurs et pèlerins pouvaient se restaurer et trouver l’hospitalité.

Enfin le vaste espace du stade et du gymnasium. En fermant les yeux, on entendrait la clameur des jeux…




Ce petit temple (hérôon), est dédié à un dieu ou déesse en particulier, ici Artémis. C’est la construction la plus au sud de la ville et qui clôt son territoire.

Le stade s’étend sur une surface impressionnante, l’effet d’échelle est sans doute encore accentué par l’exposition Nord-Sud et par la ligne de fuite vers la vallée à l’Ouest. 
Ce propylon tout proche du stade permet de faire la transition entre le sacré et le profane.

Les piliers de ses colonnes présentent des surfaces très variables, certaines en pierre dense et uniforme, d’autres sont porteuses de traces, de veinures. Certaines ressemblent à s’y méprendre à des fragments de brindilles de bois !

Au revoir Messeni…
Très beau et intéressant. Apparemment, seul un tiers du site a été mis à jour…
En effet ! Des équipes travaillaient à des fouilles !
Il y a donc certainement un odéon qui servait aux concours musicaux