Sinop

Belle journée, belle route, et plaisir de retrouver la Turquie qu’on aime tant. On est ce soir de l’autre côté de la carte, ce qui veut dire qu’on a traversé la moitié de la Turquie en arrivant à Sinop, que l’on a vu de loin seulement, depuis le camping du jour, le Marti Kamp.

Départ ce matin de Kastamonu, par un temps ensoleillé tempéré d’un ciel chargé. L’itinéraire est très roulant et on est frappé de n’y voir presque personne : très peu de traffic local, et depuis hier, vu aucun Van ou camping car ou moto ou vélo de voyageurs. Au fur et à mesure de notre progression vers l’est, les paysages prennent leurs aises, la profondeur de champ s’agrandit, l’horizon recule, nous devenons plus petits, moins visibles. C’est l’est Turc. Finies les références aux Alpes, au Jura, à la Beauce, au Morvan ou à la Corse.

Là ce sont sur des kilomètres, des cônes géants sculptés par l’érosion, on pense ici à la Cappadoce, des plateaux avec falaises abruptes, par rupture brutale des strates rocheuses, ce sont des camaïeux d’ocre, jaune, orangé, brun, crème, vanille, une végétation plus rare mais cependant encore très verte. Monter, descendre, contourner, 8% , 11 %, la consommation passe de 8 litres en côte à 6 litres à la redescente. Le moteur ronronne, l’air sifflotte légèrement autour de la voiture, on pourrait penser qu’on vole.

Puis nous arrivons à Sinop, dont on ne sait presque rien ce soir, mais que l’on visitera demain. Voici notre installation chez Marti, fort sympathique jeune homme, qui gère avec sa famille le domaine familial. Au bout du verger, c’est la mer Noire et sa plage de sable. Des panneau avertissent les baigneurs de courants forts ou bahines. On ne s’y risquera pas, la température extérieure nous maintien emmitouflés dans nos 3 couches de vêtements chauds. Mais tout va bien, pas de pluie depuis notre arrivée.

Je vois sur la photo un fil qui traverse l’image et que je n’avais pas vu lorsque je l’ai prise. La réalité nous échappe toujours ici ou là.

Une fois installé, on s’est mis en tête de rejoindre l’enseigne BIM, annoncée à 1 km. Mais nous n’étions pas dupes… Quelques photos en chemin…

Cette rivière se jette derrière moi dans la mer Noire. De l’autre côté, celui que nous montre l’image, c’est un cours d’eau visiblement peu pressé de la rejoindre. On entend bruisser dans les joncs, ça croasse, piaille et jacasse, le ciel se reflète dans l’eau saumâtre. La barrière de métal est rouillée, à tel point qu’on se demande qui de la rouille ou de l’acier fait encore barrière. L’union faisant la force, c’est peut-être la bonne combinaison des deux.

Comme pour lui faire écho, ce pilône, admirable de stoïcité et d’abnégation, résiste aux pressions contraires des câbles électriques sur lui. Frère d’armes de la barrière du pont, tous deux mangés de rouille jusqu’au cœur, se savent en sursis, mais font comme si, par courtoisie sans doute,

On a enfin trouvé le BIM, et BAM ils avaient de l’Ephese. On a mangé ce soir du poulet au citron et champignons, grillé au barbecue. Jacques devrait approuver ce repas diététique 😂

3 commentaires

  1. Il semble que vous ayez délaissé les marchés au profit de BIM… Prochaines destinations pour vous, le Maroc et l’Egypte ou BIM est également présent.

    1. On n’a pas délaissé les marchés Jacques, nous n’en trouvons pas ! On a un peu l’impression d’être au mois de février. Les commerces sont en travaux ou encore fermés, et pas encore de marchés !

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