Allez, une dernière photo d’hier soir au couché du soleil au camping Robi. Photo prise devant la voiture. Nous étions seuls dans le camping, le couple qui le tient retourne chez lui le soir, beaucoup de travaux les attendent encore avant de pouvoir investir cette maison qui a l’air il faut le dire, d’émerger de cinquante ans d’oubli. La norme semble être que rien ne fonctionne, eau, électricité… Pour l’instant nous sommes autonomes, mais il faudra que le prochain lieu assure.

D’ici nous avons pris ce matin la route pour rejoindre Koutaïssi au nord est du pays. Alternance de routes nationales et de sections d’autoroute, sur lesquelles il faut s’attendre comme ailleurs à voir et à laisser traverser un chien ou un troupeau de vaches. Mais pas de panique, on déclenche les warning, on vérifie dans le rétroviseur arrière, on ralenti, et on contourne en douceur.
Traversées de villages, paysages de plaine fertile, les labours semblent être restés en l’état depuis l’automne. Leurs grossiers sillons encore entiers, secs et avides d’eau. Pourtant la verdure environnante signale que d’eau il n’en manque pas ici. Les maisons, rares en dehors des villages, sont carrées, parfois sur pilotis, avec le rez de chaussée en garage et l’habitation au dessus. Souvent, une coursive fait le tour de la maison au moins tout un côté, abrité donc par le toit à quatre pans. On en trouve toutes en bois, rares et très anciennes, ou en tôle, sujettes à la rouille.
La plupart sont très abîmées par le temps, certaines y ont mieux résisté, comme celle-ci par exemple :

Évidemment, portail fermé, on voit moins bien la maison.
Puis après une série de virages et un passage à niveaux, je vois dans le rétroviseur, comme dans les films américains, une voiture de police qui me fait des appels de phares et allume sa sirène m’intimant l’ordre de me ranger sur le bas côté.
Le flic m’accoste, je sors de la voiture, papiers en main, il rigole pas, un blond aux yeux bleus, l’air renfrogné qui a envie d’en découdre, c’est lui le chef et il me le fait savoir. Il parle en Géorgien, je comprends « passeport » et peu après » driver licence ». Il peste après moi parce que je ne comprends pas ce qu’il dit. Il sort de son monologue et finit par me demander si je parle anglais, je dis oui. Il appelle alors un collègue au téléphone, c’est long, il est pas disponible, on attend, mais que se passe-t-il ? Qu’est-ce que j’ai donc fait, je vois que leur voiture est équipée d’un radar embarqué, mais c’est pas la vitesse, j’en suis sûr. Il me passe son collègue au téléphone qui me dit que je n’ai pas marqué le stop, je demande mais quel stop ? Je n’ai pas vu de stop… Il s’énerve lui aussi et là je ne comprends plus rien de son anglais, je lui repasse son collègue, qui me dit aussi sec, amende de 100 US dollars, payable chez Liberty Bank ou dans les Postes, vous ne sortirez pas du pays sans avoir payé. Il me rend mes papiers avec la contravention et ils se cassent. Ouch !
On remballe les papiers et on fait demi tour pour voir si j’ai vraiment loupé un stop. C’est au passage à niveau ferroviaire, qu’il y a bien un stop en effet, mais dans l’autre sens, pas dans celui d’où nous venions, où le panneau est non pas un stop mais un triangle pointe en bas (Cédez le passage)… Bon, on va pas monter un dossier, c’est sa parole contre la mienne, qui ne vaut rien…
Galère dans Koutaïssi pour trouver une banque Liberty, on fait trois agences désignées comme telles sur Google Maps, mais il n’y a plus rien à ces endroits là. On finit par en trouver une autre en revenant sur nos pas et on apprend au moment de payer que l’amende n’est pas en dollars mais en laris Géorgiens… Quel humour ces policiers… A croire qu’ici aussi, ils sont soumis à l’injonction de faire du chiffre.
On roule comme des vieux après ça, avec deux roues scotchées à droite sur la ligne blanche. On provoque des bouchons en roulant à 30 ou 50 ou 70 ou 80 ou 90 comme indiqué sur les panneaux, on se fait dépasser par tout et par tout le monde comme des balles en se faisant détester.
Avec Nathalie, on se souvient de Franck qui nous disait à propos de la Turquie, qu’il n’y avait jamais de problèmes, que des solutions. Et bien je commence à penser que c’est très différent en Géorgie.


On voit souvent en bordure de route ces tubes jaunes portés par des poteaux cylindriques rouges. C’est le réseau de gaz… Qui doit souvent être rompu vu le nombre de voitures qu’on voit sans bouclier de pare choc, avant ou arrière…
Puis on arrive à notre camp du soir. On s’installe et à nouveau nous sommes seuls ici. Une semaine environ qu’on a croisé aucun voyageur, à part bien sûr Faouzi et Jackie avant hier. On s’installe sous le seul arbre qui fait une belle ombre en ce début d’après midi. La rivière coule juste en bas, elle est jolie dans son lit de pierres et ses abords d’herbe verte.

Ci dessus la partie haute et habitée de la maison du camping. Ci dessous, la partie basse inhabitée de la maison du camping. Mais que lui est-il arrivé ?

Et le coin bar et cuisine (fermé) et bloc sanitaire (ouvert) pour les campeurs.

Nathalie a choisi la lecture cet après midi, elle est rejointe un peu plus tard par un troupeau : « Tu lis quoi, toi ???? »

Et moi je suis allé piquer une petite tête dans la rivière qui avait la température parfaite !

Après quoi c’est l’heure de l’eau pétillante, et de la bière aussi, toutes deux très fraîches.
Demain nous irons au monastère de Motsameta…
Et bien, la Géorgie ne semble pas très accueillante pour l’instant…
100 laris, ça fait 35 €
Remarquons tout de même que le grand blond n’a pas demandé de bakchich
Oui tu as raison ! Mais on ira pas jusqu’à dire que tous les policiers grands blonds sont honnêtes 😂