Haghpat – les monastères

Dans le post d’hier je vous disais qu’on avait reçu hier soir une fameuse rincée, elle s’est poursuivie une partie de la nuit. J’ai même dû avancer la voiture d’une trentaine de mètres, l’eau avait monté devant nous et il fallait trouver un terrain plus plat où l’eau ruisselle et ne s’accumule pas. Je craignais la voiture ventousée dans la boue au petit matin…

Ce matin, on a attendu les premiers rayons de soleil pour s’ébrouer. Le monastère de Haghpat est à peine à 1 kilomètre d’ici. On y est donc monté à pieds à travers le village.

Dans cette ferme qui jouxte le camping, une Lada posée sur des plots, attend l’heure de son décollage : rêve de toute Lada restée fidèle au communisme. La baignoire, elle, attend son tour en vain.

Un peu plus haut, ce camion sorti tout droit de l’URSS, rend encore de fiers services, et il est loin d’être le seul dans son cas. Ici roulent encore les voitures prestigieuses Volga, les solides Lada, les plus rares Uaz, et bien sûr les camionnettes et camions Kamaz…

Un monument aux morts dans le village d’Haghpat, en contrebas de la route, derrière quelques arbres touffus. Aucune date ni lieu mais une liste de nom de familles. Le casque à l’étoile rouge est vraisemblablement celui de l’URSS.

Le site du monastère d’Hanghpat coiffe tout le haut du village éponyme. Fondé entre le xe et le xiiie siècles, il a été conçu sous le règne d’Abas Bagratouni. Restauré et vidé de ses moines pendant la période communiste, il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996.

On en fait d’abord le tour pour l’appréhender, plusieurs constructions s’agencent pour le former : l’église, la chapelle, la chambre mortuaire, la bibliothèque, le réfectoire, le garde manger et les caves à vin.

Les jares enterrées maintiennent le vin au frais. Le public marche ici autour de ces restes très fragiles.

Le réfectoire et ses deux énormes piliers centraux.

On marche sur les tombes, à l’intérieur comme à l’extérieur. On a d’abord quelques résistances, puis on se fait léger, évite, contourne, et avec l’eau qu’il est tombé cette nuit, les tombes nous permettent de marcher au sec, on remercie, et puis on oublie.

Ici c’est le royaume de la lumière, et la maison des oiseaux, qui nichent un peu partout.

La couleur dans cet univers minéral et humide des pierres, est une fête pour les yeux.

Le monastère de Sanahin est un peu plus ancien. Il est situé en face, sur la montagne voisine, il a été inscrit sur la liste UNESCO du patrimoine mondial de l’humanité en 2000.

C’est notre visite de l’après midi. Nous montons quelques kilomètres au dessus d’Alaverdi, par une route, transformée en piste par des années d’intempéries et d’éboulis. Des travaux d’élargissement obligent à restreindre le passage sur une seule voie au bord d’un à pic.

Arrivés au village de Sanahin, la pluie reprend de plus belle. On file à l’abri dans un café. Dehors une ribambelle de cochons qui cherchent eux aussi un abri, celui-ci trouve le parasol à son goût.

L’accalmie revenue, on peut enfin monter jusqu’au monastère. Il a de grandes similitudes avec celui d’Haghpat : d’orientation, de disposition, de principes de construction.

Cette entrée latérale est assez inattendue et bienvenue. Elle déjoue la sensation de poids des murs épais pour nous montrer comment la lumière qui entre dans l’édifice l’allège, cherche à en atténuer la masse.

Au centre, en dessous de la coupole, l’eau entre et infiltre le sol au centre de la pièce, ce qui relève apparemment du normal.

Partout c’est la lumière qui dirige nos pas.

Quand je vous disais que nous marchions sur les tombes, ce n’était pas métaphorique.

Des tombes de toutes tailles, des enfants aux adultes, avec ou sans inscriptions, parfois c’est un dessin stylisé gravé.

Dans cette église, l’eau ruisselle sur les bancs de bois. Des travaux de toiture sont en cours, on le verra à l’extérieur, mais à nouveau, la lumière traverse l’espace d’un trait.

On quitte les lieux avec la sensation d’avoir reçu du soleil, plus de rayons qu’il ne nous en a donnés durant la journée. S’il y a miracle, le mécréant que je suis l’attribue aux architectes et compagnons qui ont su créer dans ces monastères, les conditions d’une expérience du génie des lieux. Les croyants vous diront « d’une expérience divine ».

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