Quitté ce matin Erevan où la nuit fut réparatrice. Fait connaissance hier soir à l’auberge avec un drôle de voyageur Turc vivant en Géorgie. Il nous a raconté son passage de frontière très fouillé où il a été persuadé d’être le seul Turc sur le sol Arménien. La cité, vivante hier soir vendredi, des clac des coups des joueurs de Jaquet, des vroums vroums des kékés en voiture surbaissée, des cris des enfants dans le square en dessous de nos fenêtres ; était devenue totalement silencieuse ce matin samedi. Quelques courses de fruits frais et on est parti en direction des gorges de Garni.
Épique la traversée d’Erevan par la colline, à grimper des côtes vraiment ardues, virages serrés, bouts de ferraille à béton qui dépassent des murs, trous gros comme des roues entières, et des croisements bien chauds bouillants à la montée.
Une fois le plateau rejoint, les routes redeviennent praticables. On prend de l’essence, avec un serrement de l’estomac car on sait qu’en Arménie, il est très fréquent qu’elle soit frelatée, ce qui réveille quelques vieux démons. Aussi avons-nous choisi une station récente et propre de la marque Wolf dans la capitale. Ce n’est bien sûr pas imparable mais ça laisse quelques chances…

Premier point de vue, d’où l’on voit où plutôt devine, le mont Ararat, le petit à gauche, et le grand encore dans les brumes à droite. Un peu plus tard on arrive à Garni.

Ce camion ZIL Russe, doit avoir une soixantaine d’années et quelques fois le tour de la terre au compteur, il est toujours en service, ici pour une livraison de bois de chauffage.

Du haut du village, on a un aperçu du canyon où s’écoule la rivière Azat. Il suffit de descendre et de la suivre.

De loin, on ne se doute pas du spectacle qui nous attend.

Mais une fois sur la route (réservée aux piétons), la sensation que procure ces orgues de pierre basaltique est très forte !
Au dévers, on se demande comment tout cela se tient… Au dessus de nos têtes !

Et à la verticale, comment tout cela s’est formé…
La wikipédia nous apprend que le débit en prismes résulte de la solidification et de la contraction thermique d’une coulée volcanique ou d’un filon se rétractant lors du refroidissement, quand ce dernier s’effectue de façon progressive et régulière.
Ces prismes (en basalte, dolérite, andésite, dacite, rhyolite, etc.), sont en général perpendiculaires à la surface de la coulée, mais sont aussi parfois en gerbes radiales au niveau des ruptures de pente, des bouches d’émission, dans certaines extrusions, et dans des lacs de lave.
Voilà comment ces choses extraordinaires se font : par l’éruption volcanique !

A cet endroit la ressemblance avec des tubes d’orgues est saisissante.


Le drapeau Arménien ici flotte au vent, de ses 3 couleurs horizontales Rouge (en haut), Bleu (au centre), Orange (en bas). Il est assez élégant.


Retour à la voiture où un antique autobus scolaire russe est en maintenance, et peut être en réparation car le chauffeur a deux gros ventilateurs dans les mains…

Je me garde bien d’approcher, d’une part parce que je ne connais pas ces mécaniques là, et d’autre part parce que je serai en situation de vérifier que j’ai bien un don et pas juste eu de la chance 😂
On repart pour le monastère de Geghart situé à quelques kilomètres à flanc de montagne.

Le monastère date du VIIIè siècle. Il a la particularité d’être construit à flanc de rocher, en partie troglodyte donc. Il porte un échafaudage qui vu sa rouille, semble indiquer un dépassement du calendrier des réparations.

Dans la paroi qui lui fait face, une croix blanche a été accrochée, étendant le domaine d’influence du monastère.

A l’intérieur, il fait très sombre, c’est la ferveur, d’autant que la petite chapelle sur l’aile gauche est le lieu où coule une source bienfaitrice. Les fidèles s’en aspergent le visage et se signent.


Sur cette paroi, des niches comme autant de cellules monacales pour cet ordre ascétique. On dit qu’il aurait abrité un débris de l’arche de Noé.



Face au monastère, en traversant la rivière et grimpant un petit sentier, on parvient à cette grotte votive.
Pas de photos pour l’épisode qui suit. J’ai téléchargé la trace d’une piste de montagne qui mène jusqu’à une église abandonnée et plus loin, fait tout une boucle en montagne. On pensait pouvoir y faire un bivouac cette nuit. Après seulement 5 minutes de piste, qui commence gentiment, celle-ci devient très cassante, faisant émerger des pierres coupantes, mais surtout, ça et là des rochers de trente centimètres… Les dernières pluies sans doute auront raviné la piste. La garde au sol de la voiture n’en fait pas autant… Je préfère renoncer et rebrousser chemin car le risque est trop grand d’arracher un cardan ou l’un des ponts de la transmission.
Devant l’adversité, on se décide alors à emprunter une petite route, espérant pouvoir un trouver l’endroit possible pour un bivouac de nuit non gênant et a l’écart des villages… Quand nous voyons la pancarte « Camping 3GS » ! Quand on sait qu’il y a environ 4 campings en Arménie, on se dit qu’on a du bol…

L’endroit est génial, tenu par Sandra, la jeune Néerlandaise qui l’a fondé il y a 10 ans. Tout y est fait pour s’y poser avec beaucoup de douceur. Voilà pour la vue depuis la terrasse basse.

Pas foule dans la piscine, mais nous ne sommes pas nombreux du tout au camping. Nous y retrouvons un couple de Néerlandais rencontré en Turquie au bord de la mer Noire, et quatre jeunes françaises passant leur dernière semaine en repos ici après deux mois de stage WWF en Arménie.
Demain nous nous approcherons des monts Aragats, les plus haut d’Arménie.
2 montgolfières ce matin troublent la tranquilité. L arménie se mettrait elle au tourisle dans ce qu il a de plus outrancier ? La météo ici très orageuse devrait nuire à la prolifération des ballons. En cappadoce j’ en ai compté plus de 100 le même matin. Il faut de l espace pour faire décoller et atterir ces engins qui rapportent tant .Bon c’ est quand même joli dans le ciel au petit matin !
Coïncidence ou don ?
Depuis que je t’ai lu, ma voiture remarche impec…
Don bien sûr 😂