Salut à vous ! Ce matin on a quitté l’hôtel DomPolski sous la chaleur et la poussière déjà. Gyurmi, la deuxième ville du pays après Erevan a un reseau routier très abîmé. Des travaux partout, sans revêtement, les routes sont en terre dans beaucoup de rues, et comme le traffic y est intense, la poussière omniprésente s’insinue partout.
On a de suite pris une route magnifique, dès la sortie de la ville, on a roulé plein nord et à mesure qu’on quittait la ville, une Arménie nouvelle se dévoilait, bien différente de celle par laquelle nous étions entrés. Plus rurale, moins dense, plus intense avec ses paturages vallonnés et comme sans fin, si ce n’est, très très loin, les montagnes enneigées, des 3000 blanc et gris bleus.



Nous sommes sortis d’Arménie par la petite porte à Bavra, personne ou presque sur la route, et quelle route…
Des étendues pures, dans les nuances de verts et de gris bleus d’Asie centrale avec des airs de Mongolie, chevaux et troupeaux, et d’Ouzbékistan, villages et routes de terre grêlées de trous, enfants en bandes qui jouent au ballon ou qui font du vélo.
Les vingt kilomètres avant la frontière, on roule autant en pleine gauche qu’au milieu ou à droite : les trous dictent la trajectoire, et il est bien difficile parfois de faire un choix, et quand il faut le faire c’est celui du moins pire… Vu leur taille, il serait très facile d’y fendre un pneu, mailler une jante, ou pire d’y casser un cardan. On roule donc à 20 kms heure, ici personne pour faire les kékés.
Un poste frontière où nous étions seuls, avec des douaniers et policiers plutôt détendus et souriants : dingue quoi ! Étrange traversée des anciens postes frontière déserts et décatis, situés avant et après les neufs. Comme tous les bâtiments anciens, ils ne seront sans doute jamais démontés ou détruits, sauf s’ils tombent sur la route peut être ? A moins que la route ne soit simplement déviée…
Entre Arménie et Géorgie, on s’arrête au duty free pour écouler nos derniers drams Arméniens sans en faire un. Pas de miel ici, ce sera donc Vodka Arménienne, bières allemandes et Toblerone Suisse. Garder du chocolat par ces températures n’est pas chose aisée, notre glacière n’est pas électrique, seulement isotherme, mais ça le fait, l’altitude aidant.
On quitte l’Arménie des images plein la tête, mais avec le regret de n’avoir pas su percer le mystère des échanges avec les gens, d’une manière générale. Traducteurs pas pratiques car ne prenant pas en compte les langues Arméniennes (comme Géorgiennes d’ailleurs) sans offrir de notation phonétique en caractères latins ? Le problème déborde peut-être cette question. On a eu souvent l’impression d’une très grande distance avec l’autre (l’étranger, ici, nous) et pas plus envie que ça de la réduire. Parler Arménien aurait facilité bien sûr, mais en un si court séjour, nos maigres essais ont fait plouf… Dommage.
Nous revoici donc en Géorgie ! On change de langue et de monnaie.
Peu après la frontière, arrêt à la réserve de Madatapa où un observatoire nous offre un point de vue panoramique sur le lac et sa faune, et bien au delà.



Dans chaque village traversé ensuite, des cigognes dans leur nids, nourissant de grands dadets bientôt prêts à faire leur premier vol du haut de leur poteau électrique.
On compte jusqu’à quatre petits plus un parent, mais la plupart des nids comptent un seul petit, voire deux. Quel vol pataud elles ont ces cigognes, difficile de croire qu’elles soient de si grandes migratrices… et pourtant ! Elles parleront alsacien avant l’hiver (sous la houlette de Danièle bien sûr).

A propos de vent, 3 orages dans la même journée, il fait frais dans le Caucase au mois de juin. C’est bon pour les prairies en fleurs.
On a poursuivi notre route par la plus belle de Géorgie selon le Petit Futé. De fait, on suit la Koura au fond du canyon qu’elle a creusé.


Jusqu’au moment où se dresse l’impressionnante forteresse de Khertvisi…

On tourne à son pied et remonte la vallée de la Koura, on pourrait se croire en Suisse où en Slovénie. C’est doux à voir, bien agencé, vert, propre et net y compris la route et la signalisation, la montagne partout où le regard se pose. Nous arrivons à Vardzia, non sans avoir repéré trois endroits possibles pour nous poser en bivouac dans l’auto. Le temps est menaçant aussi nous nous posons pour notre pique nique sur un joli point de vue en face du site des habitations troglodytes.




Cette cité est un ensemble monastique troglodytique du xiie siècle, c’est aussi un monument artistique culturel géorgien très prisé par les Géorgiens. Le site a été créé au flanc de la montagne Erusheti à l’aplomb de la rive gauche de la Koura. La cité est entourée d’un réseau de forteresses en cas d’attaque par le sud. Le site est proposé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007.
On est cependant pas très chauds pour aller visiter les habitations mais avançons encore un peu jusqu’au centre du village. La fatigue sans doute, d’une route éprouvante.
Après le pont, un petit restaurant et signalé comme « Park Kamp » au bord de la rivière semble être une invitation, avec ses petites tables sous les pins. On a donc trouvé là notre bivouac avec toilettes mais sans douches, on a la nôtre sur l’auto mais y’a pas d’urgence, vu la température montagnarde, la propreté attendra.



Le temps de faire à pied une ballade dans les hauteurs du village, et c’est l’heure de l’orage, qu’on va regarder dans l’auto, derrière le pare brise grand écran. Ça a du bon le programme unique !
Demain on sortira de Géorgie pour ré-entrer en Turquie, nouvelle journée dense en perspective…