Parti ce matin vers 8h30 de Vardzia après un petit-déjeuner raccourci en pain car en fait de restaurant, notre logeur ne vendait que des boissons, et pas de boulangerie ou supérette au village. Mais avec du thé noir, des noix, du miel sur deux quignons de pain et un morceau de Toblerone, la vie devient plus rose. D’autant qu’on a déjeuné au soleil devant la rivière bien énervée.
Salutations à notre hôte et nous partons direction le poste frontière d’Aktas, qui nous permet de ré entrer en Turquie par son milieu selon notre principe de ne jamais refaire la même route deux fois… C’est pourtant ce qu’on fait ce matin sur une quarantaine de kilomètres parce que Vardzia se trouve au bout d’une vallée au bout de laquelle la route s’interrompt… Il nous faut donc rebrousser chemin jusqu’à Akhalkalaki.

A 25 kms environ de la frontière Turque, on prend peur de la file de camions qui attend on ne sait quoi. Coup d’oeil aux plaques : Turquie, Ouzbékistan, Kazakhstan, Russie, Biélorussie, Géorgie, Belgique (!). Mais que font-ils tous là… On double et remonte la file. Quand arrive un camion ou une voiture en face, on se serre entre deux camions ou on entre dans une desserte de pâturage. On comprend pourquoi le GPS donne 1h30 pour ces 24 kms. La route est non seulement réduite de moitié par la file de camions arrêtés, mais défoncée de trous comaques, parfois dans l’eau, empêchant de voir la profondeur. Plus loin on découvre que les camions semblent avoir un processus de passage en deux fois car ils entrent dans une zone de contrôle située avant la douane, d’où la file d’attente.


On arrive enfin à la douane, on est la seule voiture 🤔
Mais toute se passe avec le sourire côté Géorgien, inquiets de rien puisqu’on sort, et très appliqués côté Turc puisqu’on entre. Tous les espaces de chargement sont ouverts et controlés, mais nous voilà à nouveau en Turquie, ce qui nous réjouit ! Quitter un pays n’est jamais anodin, y entrer est toujours une fête !







La Turquie n’a pas fini de nous étonner… Ces paysages traversés en seulement cinquante kilomètres nous semblent tellement proches de ceux qu’on a connus en Arménie et Géorgie. Qu’est-ce qui fait alors la différence ? Les systèmes d’écritures, une certaine façon d’agencer le paysage et d’y faire passer les routes, et bien sûr d’y faire exister les maisons.
C’est Ani où l’on arrive enfin après des paysages époustouflants de nuances et de grandeurs mêlées. Cette ville de 100.000 habitants a été la capitale de l’Arménie peu avant l’an mille. Elle est maintenant en territoire Turc, à quelques centaines de mètres de la frontière Arménienne.
Ce qu’il reste de la cité dit déjà beaucoup du niveau de convoitise et d’esprit belliqueux pour tenter de l’annhiler, et ce, depuis sa création. Son histoire (à elle aussi) est une succession de développements et de destructions.
Je pose ces images ici, que je ne peux commenter dans leur dimension historique. Jacques c’est toi qui nous a conseillé d’y aller. C’était un gros détour… mais vraiment merci du conseil d’ami ! C’est une expérience exceptionnelle que de parcourir ce lieu. Si tu veux commenter et développer, j’y ajouterai ton texte.

La cité de Ani telle qu’on la découvre en entrant sur le site.

Ici nous venons d’entrer et nous nous retournons.

Une fois entrés, c’est une vaste étendue dont on prend la mesure devant soi, elle abritait des églises, une cinquantaine dit-on, des maisons, des temples, des bains, des rues…


Certaines ruines sous un certain angle ont un air de pachyderme, leurs destructions les auront autant sculptées que leurs créations…






Un canyon borde la cité de toute part, assurant sa protection, en théorie…








C’est ce contrefort qui marque l’opposé de la muraille d’entrée.


Ici une mosquée, depuis quelle date et circonstance ?



Et il faut en sortir sans sortir, car cette cité envoûte qui y est entré. On en sort avec tellement de questions. On a lu des bribes d’histoires sur la wikipédia et d’autres guides, mais à voir les miradors de la frontière, à voir les drapeaux Turc et Arménien se faire face à quelques centaines de mètres, à voir les militaires Turc en armes sur le site lui-même, on se dit que loin d’être une relique du passé, Ani reste un symbole de résistance qu’à défaut d’avoir pu annihiler, il s’agit de surveiller.


Et rentrer au travers des rideaux de pluie et de lumière sur Kars, avec Jay, un canadien de Winnipeg en voyage. Son hôtel sera aussi le nôtre, nous faisons ce soir un vrai repas, sous le signe de l’hospitalité Turque.
Nos photos étriquées ne restituent pas bien la grandeur des lieux. 100000 habitants au premier siècle, c’est pas rien quand même.
Merci d’être allé à Ani. Je n’avais vu que quelques photos sur le web et les vôtres sont bienvenues. Les remparts sont imposants bien qu’ils aient certainement été arrasés. Le canyon est lui impressionnant.
Le fait qu’elle ait été la capitale de l’Arménie amène certainement la Turquie a la garder sous bonne garde.
100 000 habitants au Xe siècle et non au premier Nathalie 😉
C’est tout de même impressionnant quand on compare à Paris, qui a la même époque, réduite à l’île de la Cité, ne compte que quelques milliers d’habitants.
Quelques autres chiffres de villes plus anciennes :
Uruk : 45 000 en – 3000
Babylone : 65 000 en – 1750
Rome : 450 00 en – 100
En Turquie, la première ville au monde Çatal Höyük est apparue en – 7560 en Anatolie centrale, dans la plaine de Konya, sur les bords de la rivière Çarşamba. C’est aujourd’hui un site archéologique. Est-ce que c’est sur votre route ?
Bises
Merci Jacques ! Pour Çatal Höyük, le site a en effet l’air incroyable, mais il sera vraisemblablement trop au sud par rapport à notre itinéraire. Voilà une prochaine destination pour vous ! Il y a tellement de sites archéologiques à voir et c’est un pays tellement facile ! Bises 🥰