Salemi

C’est une ville de l’intérieur, à 40 kms de Marsala. A première vue rêche et farouche. On se gare sur un parking au pied d’une barre d’immeubles accrochés au rocher. On monte à pied par quelques passages étroits entre deux bâtiments. L’ambiance est sombre, on débouche sur une place où se concentre une trentaine d’hommes, assis ou debout, discutant par groupes ou au téléphone portable. Une voiture de police semble avoir sa place permanente ici, les policiers, un homme et une femme discutent avec un habitant du quartier. Les commerces alentours semblent fermés, quelques uns résistent. On traverse la place, ignorés de tous, on file plus haut par les ruelles qui mènent au point de vue, le château en haut du rocher.

On débouche sur la place du château, ici les restes d’une église qui, comme la plupart des constructions, ont payé un lourd tribut au tremblement de terre de janvier 1968.

La cité date de l’âge du bronze tardif, elle a connu les occupations grecques, romaines, normandes, arabes, les fléaux de la peste, amenée par les troupe de Louis IX en 1270 puis de la mafia plus près de nous. Il existe d’ailleurs dans la ville un musée consacré aux extorsions et horreurs qu’elle a commise, avec photos à l’appui. Nous n’y sommes pas allés.

Le château, qui a bien résisté au tremblement de terre de 1968, a cependant été consolidé en plusieurs endroits. Sa structure date de 1150.

C’est ici que Garibaldi a hissé le tout premier drapeau Italien, en Sicile libérée. Pour une journée, mais quelle journée ! Salemi devient la capitale de l’Italie ! C’est l’acte de naissance symbolique de l’Italie.

Giorgia Meloni et les siens font mine d’oublier que ce château, comme nombre de trésors architecturaux de cette période en Sicile sont de style Arabo Normand. Savent-ils que la ville de Salemi tire son nom de sa période Arabe, et que son nom signifie La Paix ? Ont-ils prévu de brûler les livres d’histoire qui en parlent ?

Pas mal d’agitation par ici aujourd’hui, mais on nous dit qu’on peut tout de même grimper en haut de la tour. Fort bien ! Andiamo !

Nous arrivons au sommet en plein changement du drapeau Italien, le précédent était usé jusqu’à la corde. L’émotion est palpable pour ces personnels de la ville de Salemi, qui nous racontent avec beaucoup de fierté, l’histoire de leur ville, première et éphémère capitale de l’Italie.

Les trois drapeaux de la Sicile, de l’Italie, de l’Europe flottent au vent doux de la mairie de Salemi.

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