Sur les flancs de l’Etna

Première approche de l’Etna, qu’on a vu émerger peu à peu sur la route depuis la côte. On le guettait depuis un moment. Est-ce que tu es sûr de ce que tu as vu ? Absolument ! C’est pas des nuages ? Non, c’est le volcan qui fume dans les nuages. C’est que 3000 mètres et quelques, ça se voit de loin, surtout sur une île et depuis la mer.

A peine posées nos affaires au camping, à flanc de volcan, on partait faire une petite marche pour explorer les environs. C’est dimanche et les Italiens sont en famille : pique-niques partout dans les bois, au bord des routes, et ramassage des châtaignes, qui sont grosses par ici.

On se gare près d’une entrée du parc régional, une bouteille d’eau dans le sac, et on commence à marcher sur un itinéraire qui conduit au cratère de 1886, éruption qui a fait naître le Mont Gemmellaro. On entre en fait d’entrée de jeux dans un immense champ de lave noire.

Si on se retourne vers le volcan, on voit que son sommet est encore loin, les 3 pointes fumantes dans le premier tiers gauche de l’image ci-dessus.

Devant et autour de nous c’est un chaos de roches noires aux formes torturées, lave figée dans des positions improbables.

Comme en montagne de part et d’autre d’un glacier, la lave en s’écoulant a formé un lit, et comme une « moraine » de chaque côté. Sur cette image, c’est vers le côté mer qu’on regarde.

On ne peut guère marcher sur ces lits de roche instable et coupante, on s’y abimerait rapidement les chevilles ! Mais un sentier, parfois de la taille d’une piste, a été tracé et balisé, il est agréable d’y marcher : c’est un tapis de sable noir souple sous le pied.

Ici une cavité de plusieurs mètres qui nous a intrigué de loin et qu’on est allé voir de plus près. On dirait une cheminée, qui aurait elle aussi craché de la pierre en feu. Elle est maintenant colmatée mais sa forme nous rappelle qu’il n’a pas toujours fait bon être ici.

La végétation surprend sur ces pentes, elle surprend par sa quantité, sa variété et sa qualité, les genêts ont la taille de petits arbres et poussent dru, serrés même, ce doit être fabuleux de les voir en fleur au printemps.

On traverse des bois de mélèzes, parsemés de bouleaux de l’Etna, de hêtres et de trembles ainsi que de chênes verts.

On y croise aussi beaucoup de touffes d’immortelle qui sentent si bon dès que le soleil les caressent.

Le cratère de l’éruption de 1886 ne semble d’abord pas si grand, mais on se rend compte qu’on est simplement au centre et que sa circonférence est bien plus importante, tout autour de nous, et le champ de lave solidifié semble avoir dévalé la pente sur plusieurs kilomètres.

On a fait connaissance aujourd’hui avec l’Etna. Demain nous irons à Catane, dont la ville mais aussi toute sa région, vivent à l’heure et au pouls du volcan, depuis toujours ou presque…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.