
Syracuse, que j’aimerais tant voir… Je la vois maintenant ! Nous la voyons ! Comment ne pas être déçu de cette ville, après les grandes promesses que la chanson d’Henri Salvador a fait naître chez nous ! Oui Syracuse ce n’est que ça, une ville comme d’autres en bord de mer, et pourtant, comme beaucoup d’autres, elle est à nulle autre pareille et on a adoré. Elle a un pouvoir attracteur, enchanteur. A quoi est-ce dû ? Qui saurait dire l’alchimie du charme sans le réduire ? On préfère se laisser porter…
Nous commençons notre déambulation depuis son bord de mer, à l’entrée de son île, car Syracuse a une île, oh, guère lointaine, une centaine de mètres tout au plus. Et reliée par deux ponts parallèles. Mais une île quand même, qui s’appelle Ortigia, et où se concentrent bien des trésors.

Ce temple d’Apollon prend ses aises, ou plutôt les retrouve, car le temps de la ville Grecque semble ne s’être arrêté qu’un instant. Cette co-existance des temps est toujours une source de quiétude, on a de suite envie de prendre le temps, de flâner.


Au détour de la muraille corniche, cette piscine de mer, dans un aménagement provisoire fait pour durer ou peut-être en test d’usage ?

On s’installe dans un petit restau d’angle de rue proposant la fritura di mare pour Nathalie, et di calamari pour moi, complétées d’une friture de légumes, arrosée d’un Spritz Italo Autrichien qu’on demande au Campari, plus amer et moins sucré que l’Aperol.
On a vu un peu large… D’autant que la friture ça cale ! Mais ces petits plats sont croquants, goûteux, diaboliques quoi 🤪

Un peu plus loin cette étrange pièce d’eau en contrebas, presque au niveau de la mer, circulaire, peu profonde, abritant toute une petite faune de canards, cygnes, carpes…

A deux pas encore, cette placette offrant un point de vue vers le port.

Plus loin c’est tournez manèges, mais en Italien. La photo ne rend pas bien le mouvement dans ses lumières. Cette vue de dessus est des plus insolites.

Nous, on tourne au coin et repartons direction notre camping à quelques kilomètres de là dans la campagne, entre pins et oliviers, piscine au poil et 24 chats, mais si.

Demain on reviendra visiter le musée régional d’archéologie de Syracuse, qui dit-on est très richement doté et fort bien agencé.

En route pour le musée ce matin. Une fois garés, on se trouve rapidement au pied de cette « tour » qu’on a repérée hier depuis le bord de mer, et qui s’avère être la Basilica Santuario Della Madonna delle lacrime, la Madone des Larmes. Je ne pense pas qu’on la vénère en France ?

A quelques pas de là, c’est le musée régional d’archéologie qui prend place dans un parc arboré en pleine ville. Quelques magnifiques Ficus Benjaminas multi séculaires entourent l’espace de leurs grands bras.

L’architecture du musée est loin d’être tape à l’oeil, elle est assez basse, semi enterrée, faite de brique, de métal et de quelques traits de béton. On s’y sent bien de suite, et on se sent guidés simplement par l’organisation des lieux, même si parfois on a la sensation de chercher à sortir d’un labyrinthe. Quelques hexagones semblent réunis entre eux tels des îlots, par des ponts, et les strates horizontales apparentes des briques donnent à l’ensemble l’idée que le bâtiment sort de terre et qu’il porte sur lui des strates de temps : une sensation de bonne augure pour un musée d’archéologie !
Une fois entrés on est confortés dans l’idee des volumes connectés, créant un circuit qui va composer la visite, sur 3 niveaux, dont un semi enterré.
Impossible de faire le tour de tout ce qu’il y a à voir ici, sauf si vous avez une semaine ! Sachez juste que l’ilot central contient une introduction à l’archéologie de la région : géologie avec les roches, failles, couches, zoologie avec tous les animaux ayant habité le territoire et bien sûr anthropologie avec les différents âges de l’homme et de ses arts et techniques.
Les autres îlots sont essentiellement consacrés aux objets fabriqués, retrouvés sur les sites de fouilles de toute la région, extrêmement riche de traces d’activité.
Voici seulement quelques images qui ont retenu mon attention durant cette visite : figurines, statues, bijoux, outils, armes, objets du quotidien, objets de culte, objets de sépultures.

Poterie, Néolithique moyen, Ve millénaire avant J.C, Stentinello.

Début de l’âge de bronze, XXII – XVe siècle avant J.C, os taillés, objets de dévotion. Castelluccio.

Figurines de sépulture, XVe-XIVe siècle avant J.C. Mitopolis.

Statue de terre cuite, divinité féminine sur un trône, style d’influence Ionique. Fin du VIe début Ve siècle avant J.C.
Voir cette statue de terre cuite dans cet état de conservation nous paraît incroyable. Tant de fragilité devant tant d’occasions de destruction… Guerres, vols, tremblements de terre, incendies…

Groupe de divinités féminines. VIe siècle avant J.C. Contrada Mazzo.

Pointes de lances. Second Age de Fer. VIIIe-VIIe siècle avant J.C. Mendolito Di Adrano.

Fragments de protections de visage gravés. Second Age de Fer. VIIIe-VIIe siècle avant J.C. Mendolito Di Adrano.

Amphore à filtre. Terre cuite. Age de bronze. 1050 avant J.C.

Épingle à deux yeux. Bronze. Age de bronze. 1050 avant J.C.

Et puis ces bijoux, dont je n’ai pas retrouvé les certificats de provenance 🤭
On quitte le musée avec les yeux et la mémoire chargée de ces traces de vie, qui nous paraissent si proches et sont pourtant si lointaines. Le tour du parc nous permet un petit temps de sas avant de retourner en ville. Il nous permet aussi de voir que le parc est à l’abandon, lui donnant un air de débâcle, d’après tempête.
Demain nous reviendrons pour faire le marché !





Un Jujubier, je n’en avais jamais vu !


Bonheur de ces étals et des arangues des commerçants, ça vibre, ça crie, les clients font la queue, remplissent leurs paniers.

Cette boutique incroyable où toutes les spécialités de charcuterie et de fromages, miels et chocolats se retrouvent : l’envie d’acheter un peu de tout…

Impressionnant stand de poissonnier, feuille en main, qui tranche dans l’espadon, qu’on trouve régulièrement sur les marchés de Sicile.

Puis il est temps de rentrer, nos courses sont faites ! On a du fromage, de la porchetta en fines tranches, des concombres, des petites tomates ovales, les meilleures en Sicile.
La ville regorge de ces triporteurs qu’on voyait partout en Italie il y a cinquante ans. Il sont rutilants et restaurés. Ils promènent maintenant les touristes qui peuvent faire leur photo sans descendre de l’engin.

Et puis il est temps de retrouver les 23 chats, très intéressés de savoir ce qu’on a dans notre panier. On déballé devant les matous et minettes, déception : légumes (Berk), pain (Bof), fromage (Ah ?) 🤣

Le soleil couchant, sur notre campement. Demain matin, on reprend la route pour Catane, au pied de l’Etna !
Quoi vénere ? J suis pas vénère du tout.
La madonne.
Je te trouve un peu dur, certes c’est devenu une ville très touristique voir musée mais quand même le site a de la gueule non ?! Et pour le marché pas compris, le pain et les légumes étaient en définitif nases ? Fichus italiens, bon le pain pas totalement étonnant mais les légumes quand même …..
Ah mais on a beaucoup aimé Syracuse ! Son ambiance, sa cuisine de rue de poisson frit et ses fruits et légumes aussi ! Je vais me relire et corriger si je n’étais pas très clair 🤭
Ahah c’est à la fin de l’article, quand je parle des chats qui commentent le panier de courses ! En effet c’était loin d’être clair 🫣 et j’ai modifié 😌